Les chroniques de Noella

Les acharnements du destin





Les acharnements du destin
Noëlla Elloh    
L
e soleil se levait sur Paris et donnait des splendides teintes bleu orangées dans le ciel. Moi  j’étais au volant de ma voiture et je tiens à  préciser ma première voiture une Peugeot 208 GTI. Elle est magnifiquement extraordinaire cette voiture, ses lignes, ses courbes, le parfum du neuf à bord  c’est inexplicable. Je revenais d’une énième longue nuit aux urgences de ma vie de médecin, nuits auxquelles j’ai fini par m’habituer. Les nuits aux urgences c’est  un stress permanent surtout que je suis encore un jeune médecin, essayer de calmer les patients, les cris de  douleurs, le sang, rassurer la famille, annoncer aussi les mauvaises nouvelles aux proches qui attendent, conduire ma voiture m’apaisait. Oui, c’est relatif mais je ne trouvais que le calme parfait à bord de ce bolide. J’étais confortablement assis  en fond sonore j’écoutais Seal « This is a man’s world ».  Vous m’auriez vu, vous diriez que je suis certainement un homme comblé, bonne situation financière jeune beau,  toujours vêtu de façon élégante, même après une nuit mouvementée aux urgences mon visage rayonnait.


  Non, je ne suis pas comblé, non je ne fréquente aucune femme a part ma mère, je suis une personne assez fermée, solitaire et cela depuis mon enfance, depuis le divorce de mes parents. Je vivais en Côte d’Ivoire, fils unique d’une petite famille je n’ai aucun souvenir merveilleux de ce pays. Tout ce dont je me rappelle et qui m’anéantit encore c’est bien les coups de mon père à ma mère, les cris de ma mère, mes cris et larmes quand je consolais ma mère. La sensation  de souffrance, les douleurs en touchant la surface de ma peau qui était remplie de blessures, de traces de boucles de ceintures, de traces de mégots écrasés sur ma peau.


  Un jour ma mère m’a dit « Va prendre une douche, on ira quelque part, prend tout ce que tu aimes le plus parce qu’on ne reviendra plus jamais ici ». J’étais assez timide, je ne posais jamais de question j’ai juste fait ce qu’elle m’a demandé de faire. 8 heures plus tard je me suis retrouvé dans un autre pays,que je n’ai plus jamais quitté : la France .
                                                                               *

  J’étais arrivé chez moi, à ma résidence je m’apprêtais à stationner ma voiture, lorsqu’un coup de klaxon me tira de mes réflexions sur mon passé.  C’était une femme, grande élancée, la couleur de peau aux teintes caramélisées, le sourire  angélique.  Elle descendait et venait à ma rencontre, moi j’avais peur, mes mains se crispaient. Sa grande taille ne l’a pas empêché de porter des escarpins des talons de plus de 7 cm environ, elle avait klaxonné, maintenant elle sortait de sa voiture, je réalise qu’elle s’approchait vraiment de moi. Moi je la regardais hébété à bord de ma voiture crispé au volant. Mais pourquoi elle venait me parler ? 


  Cette fois je ne pouvais plus fuir,  elle était à ma vitre elle me souriait se moquant certainement de l’effet de son charme sur moi. J’étais obligé de baisser la vitre –« Vous habitez la résidence? » Je ne répondais pas je regardais ces yeux légèrement marrons, ces lèvres magnifiquement roses. Elle souriait : « -Vous n’êtes pas sourd au moins ? »
Et là pour la première fois de ma vie j’ai éclaté de rire devant une femme que je ne connaissais pas « Pardon, excusez moi oui j’habite la résidence depuis 2 ans » balbutiais-je    - « Je ne vous ai pas demandé un roman , vous habitez la résidence  Oui , Non c’est simple . Bref ,J’ai oublié mon pass magnétique  et j’ai besoin de rentrer , on est dans le même bâtiment. Vous pourriez me rendre ce service ? »  Je mis du temps a répondre -  « Euh oui, bien sur, sans problème, avec plaisir, oui , comme vous voulez , sans soucis ! » Soudain elle se mit à me regarder  d’un air étonné… - « Vous êtes toujours aussi,  frustré paniqué avec les femmes ? » C’est carrément pathétique ! Tenez ca, ca va vous calmer. Elle m’embrassa sur ma joue droite, je n’avais jamais senti une telle douceur sur mes joues, mêlée à ce parfum sucré et envoutant.


         Elle n’aurait pas du faire ca, cela m’a enfoncé davantage dans mon caractère pathétique j’ai commencé a transpirer. Elle  se tenait là devant moi agitant la clé de sa voiture, elle avait un tatouage au poignet une écriture «  Carpe Diem »
     -« Mais descendez bon sang ! » s’écriait-elle avec un air de garçon manqué qui ressurgit je ne sais d’où.
        Là je me rendais compte du point auquel j’étais ridicule. J’ai donc coupé le contact je suis descendu. On a   marché ensemble, pris l’ascenseur j’examinais sa robe de soirée  assez courte qui laissait entrevoir d’interminables jambes.


  Je ne savais même pas qui vivait dans cette résidence, je n’avais aucun ami dans la résidence,  aucun sourire de voisin dans les allées, devant l’ascenseur personnes et aujourd’hui le hasard me fait rencontrer cette belle femme, qui m’a même embrassé et surtout qui m’a parlé.

  Dans l’ascenseur elle voulut rompre le silence : - Je suis au 5ème étage, appartement 521,  je tiens a vous remercier, vendredi soir, on peut diner ensemble ?


  A force d’agiter la clé de sa voiture, elle finit par tomber, je m’accroupis pour la ramasser, une fois accroupi, elle passa les doigt sur mon coup, sur ma cicatrice et sa voix changea - : «  Karl , c’est toi ? »
Je me suis relevé, je l’ai regardé longuement, et je ne savais pas quoi dire …  Elle m’avait appelé Karl, moi ? Oui je suis Karl  mais comment es-ce qu’elle me connait ?


Le bruit des plaques chauffantes, des bruits de fritures, le bruit de la minuterie du grille-pain m'ont sorti de mon sommeil. Je prend mon courage à deux mains pour essayer d'attraper mon téléphone afin de savoir l'heure et pourquoi pas la date .

Il était 9H 47, j'étais encore dans le lit or il me semblait être dans un ascenseur avec cette fameuse beauté...
Oui ce n'était qu'un rêve, comment pourrais-je moi "Karl le looser" comme le disaient mes potes de lycée engager ne serait-ce qu'une simple discussion avec une si belle femme. Je me regarde dans la glace en face de mon grand lit, trop grand pour moi tout seul. Je suis beau, je le sais mais une beauté qui ne sert à rien, s'effacait à mes yeux.
Une chose est sure ce n'était qu'un rêve mais un délicieux rêve....

  -Karl, mon amour pourquoi ce réveil tardif, tu avais une réunion avec tout le centre hospitalier et dans une heure du reçois le ministre de la santé, tu t'en souviens ? C’est quoi cet air de surprise même si tu viens de te réveiller tu me fais peur là !

Ma mère savait toujours me réveiller avec juste ce qu’il me fallait: une pointe de tendresse mêlée à un humour léger, ce mélange me donnait toujours toute la force pour ma journée et même pour la nuit aux urgences.
Je la regardais tendrement petite de taille, une peau claire satinée, cette peau qui malgré l'âge gardait sa beauté, ce petit sourire avec cette dentition parfaite. Quand elle me sourit ces yeux se brident légèrement. J'adore cette femme!
Je commençais à la taquiner : - « Maman tu sais que t'es belle ? » -« Oui je sais , mais tu sais que tu es en retard ? » - « En plus elle fait son arrogante, je te dis que tu es belle et même pas un merci ?  Une vrai sorcière cette dame. » Elle ne put s'empêcher de rire …
Mais j’avais l’impression qu’elle restait tout de même surpris par mon état ce matin – « Dis moi Karl tu n'es jamais en retard tu te réveille toujours à 7H30, 8h dans ta voiture, une gorgée de café à tous les feux monsieur a tellement peur d'arriver en retard qu'il prend son petit- dej' au volant! Et aujourd'hui bientôt 10H monsieur est confortablement couché dans son lit  comme un gros chat. T'es allé en boite sans moi ou quoi ? » elle avait l'air tellement inquiète, il suffisait de peu pour l'inquiéter au sujet de son fils.  « -Attends Maman, je file à la douche, je t'explique tout en prenant les délicieux pancakes que tu m'as préparé. »
En fait je parlais à ma mère, je discutais avec elle mais je me demandais quel était le sens de ce rêve ? Cette belle femme, ce tatouage, cette question "Karl c'est toi ?". Cela m'intriguait vraiment, et rien n'avait l'air d'un rêve jusqu'au rêve la même résidence, le même ascenseur, tout ...
Sous la douche je pensais encore à son sourire angélique, cette voix douce qui en disait beaucoup sur une femme de caractère. Les minuscules jets d'eau glissaient sur ma peau et la tête entre les mains je me disais: pourquoi es-ce que c'et un rêve bon sang, je reconnais j'ai peur des femmes, je n'arrive pas a leur parler mais celle là je l'aurais fait. Je pourrais tout  braver pour elle.
-« Karl ca suffit tu sors ou pas ?  Tu veux avoir des problèmes pour la première fois ? » Je la rassurais –« Maman je suis dans la cuisine dans 5 minutes. »
Vite je m'habillais car maman me stressait énormément je stressais tellement pour cette journée avec le ministre mais aujourd'hui c'est la dernière chose à laquelle je pense.

                                                              *

Dans la cuisine, ma tasse de café en main je racontais mon rêve à ma mère. Elle reprit encore le même discours habituel en me faisant croire que cette fois ci: il s'agit d'un signe divin pour me dire qu'il est temps de me caser et que mon âme sœur et peut - être dans cette résidence. Pourquoi pas ? Mais moi je ne recherche pas mon âme sœur mais cette femme, celle là avec les yeux tirés marrons, les cheveux en cascade, celle là.
Ma mère me regardait rêvasser encore à elle, dans son regard on sentait bien qu'elle me prenait pour un idiot.

Je mis du temps mais j'ai pu finalement quitter la maison en laissant ma mère qui s'affairait dans cuisine, sur le balcon arrosant les plantes, lavant mon linge à la machine. Les gens ont peut-être raison je suis un bébé...
Ce matin l’Hôpital était plutôt calme, même si j'y voyais la même routines, les mêmes matins.. Les infirmières qui se plaignent de leur trop grandes tâche, de leur absence de vie familiale, amoureuse que sais-je encore? Je rentre saluer les collègues dans la cafétéria d'en bas et prendre les nouvelles des patients que j'ai, ceux qui sont toujours en vie comment se portent-ils, savoir ce qu'il y avait de nouveau... A part une certaine jeune dame qui à la suite d'un accident de la circulation ayant eu lieu ce matin même etait plongée dans un profond coma.

Marc est mon collègue, c’est du moins la personne avec qui je parle le plus après ma mère, un vrai coureur de jupon, toujours entrain de faire des faux coups, des canulars. Il me trouvait trop timide pour un homme il voulait comme il le disait  « me pousser à vivre ma  masculinité ». Ce matin là il était tout calme, lui qui a l’habitude de taquiner tout le personnel de l’hôpital au point de devenir le médecin à éviter. Il avait même la sale habitude de toujours vouloir jouer la carte de l’humour même avec les patients ce qui ne passait pas toujours.

Il buvait son thé et je lui ai donné une tape sur le dos.
- « Ah la vie ! » répondit Marc - « Quoi la vie ? » Demandais-je   – « Une belle dame s’est faite percuté par une range rover qui venaient en sens interdit vers minuit, une heure. Elle a plein de blessures et elle est plongée dans le coma, ah mon pote si tu voyais cette femme ! » -«  T’es vraiment un salop tu ne penses qu’aux femmes, détache de tes sales habitudes quand même dans ta vie professionnelle.. » lui disais-je d’un air sérieux –« Blaaa Blaaa Blaa en tout cas j’espère de tout  cœur qu’elle sortira du coma Pour que je puisse l’inviter à diner.. Je vais lui réapprendre le gout de la vie. »
Après quelques minutes de rires, de causeries pendant lesquelles j’écoutais Marc sans me lasser, je  lui avais aussi expliqué mon rêve étrange, nous nous sommes lancés dans un tour des chambres de pratiquement tous les services.Je prenais des nouvelles des patients, je discutais un peu avec eux, j’essayais de les rassurer concernant leurs éventuelles craintes.
La dernière chambre c’était la chambre 521. Je rentre et je revois la même femme de mon rêve. Je vérifie s’il n’y a pas de proches, de famille à proximité. Il faut que je regarde ses poignets, a-t-elle ce fameux tatouage, qui est-elle ? Cette belle femme qui m’avait reconnu ? Comment s’est-elle retrouvée ici dans ce coma..
Les questions se chevauchaient sans ma tête accélérant mon rythme cardiaque.
Je regardais ses yeux, ses cheveux éparpillées sur le cousin ses égratignures sur le visage qui la rendait encore plus vulnérable, mystérieuse, attirante. A en croire les ambulanciers elle devrait mourir, car le choc était vraiment brutal. Elle était si belle, oh mon Dieu..

Qui ne s’inquièteraient pas de ma santé mentale si je lui raconte cette histoire : rêver d’une femme qui nous donne rendez-vous à l’appartement 521 de votre résidence que vous retrouvez dans la chambre 521 d’un hôpital qui est plongé dans un profond coma. Mes chances de savoir qui est cette femme seraient à jamais perdues si je ne voiyais pas sa famille à son chevet. En Europe on a connu des patients qui ont fait des années dans des chambres d’hôpital sans jamais recevoir de visites, jusqu’à ce que leur dépouilles mortelles soit transférées.
Moi je ne crois pas au destin, mon destin c’est moi qui le fait, qui le provoque, qui le façonne, j’irais jusqu’au bout  pour savoir qui est cette femme, cet accident de voiture était-il prémédité ? Au point qu'elle me donne le numéro de sa chambre d’hôpital quelques heures avant et tout ca dans un rêve.. Un rêve pas si simple.

Bientôt trois jours qu’elle était là, toujours aussi belle, couchée, inerte, mystérieuse. Mystérieuse surtout que personne n’était venu comme les autres patients se mettre à son chevet pas de parents ni même un ami. Comment peut –on ressembler à quelqu’un qui a tout pour soi, et ne même pas recevoir une visite une fois que le malheur vous fouette. Etrange tout ca, étrange … Ou alors, sa famille inquiète à lancé un avis de recherche ? Je voudrais en savoir peu plus sur elle, c’est plus fort que moi. Je reconnais savoir son nom, sa situation matrimoniale, son âge, sa nationalité ne me concerne en rien en tan que médecin. Mais mettez vous à ma place …
En fait je suis peut être amoureux, mais comment tomber amoureuse d’une femme dans un simple rêve. Mais je n’en reviens pas, ce rêve est étonnant et sans vouloir sembler dément ce rêve est significateur. La vie est parfois étrange il a fallu ce trouble pour m’enlever ma quiétude quotidienne de bon enfant. Hormis ma solitude vis-à-vis de la société et des femmes,  Marc le sait je suis un enfant. Oui je suis un enfant parce que je vis comme un enfant je ne me soucis pas du lendemain, j’affiche ce grand sourire, depuis que j’ai 3 ans comme dit ma mère, ce même sourire quand elle me dit : - « c’est prêt !! » et qu’elle pose ses onctueux mets sur la table. Etre dans les bras de ma mère me rassurait comme jamais. Je ne suis pas ces hommes qui éprouvent une certaine gêne quand leurs mamans leurs donnent des surnoms affectifs en public. Moi j’étais fier quand ma mère me disait        «  Mon bébé » «  Mon amour » «  Mon bout de chou » .. Et j’en passe. C’est à croire que je dois aller voir le psychiatre de l’hôpital au 3 ème étage. En plus, je le côtoie chaque jour mais il me trouve bizarre comme médecin, c’est l’occasion rêvée.
Cette fin de journée là était paisible, pas de cri pas de bruits, pas de nouveaux patients a part toujours et bien sûr ces femmes courageuses et aimantes prêtes à donner la vie dans les salles d’accouchements..Je vais voir Marc dans son bureau, il s’apprêtait déjà à quitter l’hôpital, il retirait sa blouse et se parfumait tout en se regardant avec un intervalle de 5 minutes devant la glace dans son bureau.
-« Marc j ai besoin de toi ! »  - « Franchement mon pote là je vais diner sur les champs avec numéro 7 en plus là je suis en retard donc compte pas sur moi. »  -« Marc je t’en prie tu discute bien avec les  gars des urgences… » le suppliais-je – « Donc ?  Tu es intéressé par les hommes maintenant » disait Marc d’un air narquois. – « Fais pas l’idiot  Marc, c’est important pour moi. »
Ca m’énervait souvent de voir que le sens de l’humour de Marc n’a pas de limites mêmes dans les situations les plus sérieuses. Enervée j’ai frappée du point sur la table. Il a sursauté en  arrière et s’est écrié  – « Tranquille, mon pote on se calme. »  -  «  Je veux tout savoir de la patiente de la chambre 521 tout, tout. Son nom de famille si vous aviez trouvez des papiers que vous n’avez pas encore remis aux services administratifs qui doivent les recevoir je veux le voir, je veux son sac,  son parfum, ses pièces d’ientité … Tout. – «   Attends t’es enquêteur ou quoi ? Je ne vois pas à quoi tout cela va te servir, en tant que médecin, le serment d’Hippocrate ca te dit quelque chose ? »  -«  Ecoute moi je vais passer le serment d’hypocrite en appelant ton épouse ce soir pour lui dire en quelle compagnie tu es, ou tu manges, ou tu fais chauffer la carte de crédit pendant que ta fille et elle réchauffe les restes de la veille pour le diner. Suis- je assez clair ? »  avec un petit sourire    -«  Je descend les voir. répondit Marc embarrassé. »
J’attendais tranquillement dans son bureau …. Mon cœur battait à quoi devrais-je m’attendre ?  Des histoires bizarres, une femme sombre, une sorcière, un revenant, une simple femme. Mes questions auront des réponses bientôt. Marc remontait 15 minutes plus tard – « Patrick me dit que demain il doit déposer les  affaires de madame 521chez le commissaire.. Il peut te les faire voire rapidement très tôt le matin 6H30. »  -« Je serais là. Merci ! » j’étais satisfait mais pas tant que cela…
Je suis sorti du bureau un peu déçu toujours inquiet. Par ailleurs, au fond de moi je prie pour qu’elle se rétablisse, pour que je puisse la connaitre, l’apprendre, m’approcher d’elle, regarder ses magnifiques yeux ? Ont-ils la même couleur que dans mon rêve ? Chaque soir avant de partir chez moi, j’attendais que les allées se vident pour aller lui faire un baiser, sa peau est douce comme celle d’un nouveau-né. Cette femme était tellement magnifique même dans sa plus grande souffrance in validité, dans le coma, elle était si belle.  Je lui  laisse souvent des fleurs en cachette, quand on me voit me balader avec un bouquet dans les allées on me demande souvent  « ca vient de qui ? »  en me chahutant !
Je faisais tout pour elle, et je continuerais toujours. Je ne sais pas pourquoi je me suis tant attaché à cette femme.Là, j’étais à son chevet je regardais son visage et ses beaux yeux endormies…Une infirmière est rentrée dans la chambre. Je la connaissais elle s’appelait Annia.

-        «  Annia ? »   -  « Salut Karl, je faisais la toilette de cette belle dame et j’ai oublié de replacer sa bague. » - « Elle portait une bague ? « à l’annulaire gauche ? » -«  Quelle genre de bague ? »                      -         « Une bague classique type bague de fiançailles … »    Elle serait fiancée «  rassure toi ce sont juste des idées préconçues, aujourd’hui les femmes émancipés n’attendent pas un homme pour  s’offrir une bague tu sais.. »
Je ne disais rien, je la regardais  tout en espérant qu’elle ne soit pas fiancée encore moins mariée.. Mes pensées se sont plongées dans le gouffre du désespoir. Annia sortait de la chambre et me laissait tout a coup seul face à moi-même, me demandant si je n’étais pas un peu trop naïf  de tomber amoureuse d’une inconnue qui est dans le coma.
Ce soir j’ai décidé de finir un peu plus tôt pour me changer els idées. Il fallait que je réfléchisse à la direction que mon cœur était entrain de prendre. J’étais surpris d’agir comme un adolescent. En fait je peux très bien tomber fou amoureux de cette femme mais qu’en sera-t-il demain ? Quand elle sortira du coma ?  Vais –je tomber dans une déception quel avenir pour nous 2 ? Là elle est toujours dans le coma et je prends les directives de cette pseudo- relation sans lendemain.



La sonnerie de mon téléphone portable me tira de mes pensées. J’étais sur et certain que c’était ma mère. –« Oui Maman »- « Karl depuis quelque jours je n’ai plus de tes nouvelles… Ca m’inquiète mon chéri- Je vais bien maman soupirais-je. -Je sens de la préoccupation dans ta voix, je suis déjà à l’hôpital j’ai besoin de te voir. » - « Viens je suis dans la chambre 521- Ai-je le droit de rentrer comme ca dans une chambre ? » -« Fais ce que je te dis sans trop te faire remarquer rejoins moi ».
Quelques minutes plus tard je vis ma mère perchée sur des petits talons, vêtue d’une jolie robe rose qui épousait sa couleur de peau mielleuse, comme toujours je trouvais ma mère très belle. Il n’y avait rien de nouveau..
-« Karl !! » s’écriait –elle avec un grand sourire elle plongeait dans mes bras. Malgré ces talons , quand elle plongeait dans mes bras , ma grande taille la recouvrait amoureusement.
-   « Que fais tu dans la chambre de cette patiente ? »   - « Je suis amoureux de cette femme maman comme si je la connaissais depuis longtemps.   -  « Ah Mon fils ! »Elle me regardait, après elle s’approcha du lit pour jeter un regard sur cette belle inconnue endormie dans le coma.

Ma mère éclata en sanglots, se mit à pleurer…
Ma mère était certes sensible du fait de son âge, elle pleurait facilement mais là, ses larmes traduisaient une douleur liée à une surprise comme si  le destin lui faisait comprendre qu’il l’avait rattrapé…
-      « Maman qui est cette femme  tu la connais ? »  -  « Non, non balbutiait t-elle je ne la connais pas. » -    Mais alors pourquoi tu pleures autant ? -   « C’est juste qu’elle ressemble à une de mes sœurs que j’ai perdu de vue. » -   Je suis désolé  maman, je voulais juste que tu voies pourquoi depuis quelques jours je suis dans ma bulle, cette femme qui est omniprésente dans ma vie, mes pensées…   -   « Mais tu sais mon fils, avança t-elle, tu ne peux pas tomber amoureux comme cela, d’une inconnue… »  -   « Le coup de foudre ? Maman t’en a déjà entendu parlé ? » -  « Cela n’a rien d’un coudre foudre, elle est plongée dans un profond coma, tu ne sais rien d’elle. Et puis c’est étrange, elle n’a pas de famille, de mari, de fiancé Ou euh que sais-je encore ? Pardonne-moi mais elle est trop mystérieuse ».
Les paroles de ma mère me faisaient revenir à la réalité, j’étais peut –être un peu trop naïf pour savoir qu’on n’aime pas quelqu’un comme cela. Et puis après, ce n’était peut- être qu’un simple délit de faciès venant d’un rêve ! C’était l’ une des rares fois, je dis bien rare fois que ma mère était aussi dure avec moi. Dure, au point de sortir des paroles qu’elle sait blessantes à mon égard. Ma mère est la personne qui me connait le mieux et elle ne fait rien pour moi , ne me dit rien de façon hasardeuse. Si l’on part du fait qu’elle sait qu’elle m’a fait mal, je me sens encore plus enfoncé dans mes pensées. Je suis troublé, pourquoi me ferait –elle intentionnellement du mal ? juste parce que je suis amoureux de cette belle inconnue. Serait-elle jalouse parce que c’était bien la première fois que je lui parlais d’une femme, que je lui « présentais » une femme. Les circonstances l’ont peut –être émue, on ne présente pas à sa mère une femme plongée dans le coma.
Une chose est sure, je  sortis de la chambre, tournant le dos à ma maman, qui n’arrêtait pas de regarder cette belle femme. Mes larmes perlaient déjà sur mes joues, ma vue brouillées par les larmes qui s’apprêtaient à déferler pour laisse couler a flot mes sentiments, mes émotions … Pourquoi tant de mystère autour d’une femme que j’aime profondément ?
Je longeais les couloirs blancs et pâle de l’hôpital, les larmes aux yeux, d’un pas déterminé. Déterminé ? Oui je suis sure que cette femme sera un jour ma femme…  Et je ne laisserais pas la complexité de la situation actuelle me plonger dans le désespoir, dans le découragement. Qu’elle soit mutilée, brûlée je l’aimerais toujours et je prendrais soin d’elle jusqu’à ce qu’elle se porte mieux… Quand elle ira mieux je l’épouserais.
Oui, aujourd’hui j’organisais mon futur dans ma tête sans aucunes attaches. Mais d’où me vient cette force un peu illusoire ? je ne savais pas mais j’étais déterminé.
-Karl ! Karl ! la voix de Marc me tira de mes rêveries- Oui qu’es-ce qu’il ya ? Demandais-je  Marc  ce n’était pas du tout le moment pour une plaisanterie de mauvais goût j’apprêtais déjà mon point pour qu’il atterrisse en plein milieu de sa face. Ma colère, mes larmes ne seraient compatibles en ce moment avec de l’humour.- Ca va ? tu as l’air : triste, bouleversé, étrange.. Marc me demandait cela avec un ton inquiet tout en me dévisageant.-Tu voulais me parler ?-Oui , j’ai quelque chose pour toi .Marc me tendait une enveloppe avec marqué la dessus 521.J’essuyais mes larmes et je regardais l’enveloppe  en posant milles et unes questions à mon esprit. Que pouvait-il y avoir à l’intérieur ? Je sortis de ma bouche un « merci » à peine audible, puis je m’en allais …Dans mon dos la voix de Marc retentit encore :-Au fait, elle s’appelle Carla !- Tu es sérieux ? - Je t’assure mon pote !

Afin d’éviter tous problèmes dans cet hôpital, je préfère largement cacher cette enveloppe hors de mon bureau, la mettre en sécurité dans ma voiture par exemple pour la décortiquer minutieusement allongé sur mon sofa. Je décidais donc de me diriger directement et cela d’un pas ferme vers le parking a sous-sol afin de garder ma précieuse enveloppe.  Le fait de recevoir l’enveloppe avait calmé un peu mes émotions mais je demeurais légèrement troublé et impatient à l’idée de savoir qui était cette femme. Elle était si belle, si douce, si étrange dans son mystère, peut – être c’est ce qui m’attirait vraiment vers elle …
Après avoir posé l’enveloppe sur le siège avant passager, je condamnais ma voiture m’en allant à mon bureau. Je me suis donc rappelé  que ma mère était toujours dans la chambre 521. Ainsi je me retournais donc dans la chambre quoique assez contrarié envers elle.

-« Maman t’es encore là ?» Je la surprenais au chevet de Carla, toujours en larmes enfin oui.. c’est comme cela qu’elle s’appelait Carla…Elle ne ne répondait pas, elle éclatait en sanglots… Cette fois, j’étais effrayée par sa réaction je la sentais vraiment atteinte émotionnellement. Je commençais vraiment à insister –« Maman parle moi.- Karl, tu peux me raccompagner à la maison s’il te plaît j’ai besoin de repos, de calme, et avant tout de sortir içi avant que ma tension ne monte. »m ‘avait-elle dit d’un ton sec et triste.Je préférais cesser mon interrogatoire… -« Ok maman, prends la clé et va à la voiture je t’y rejoindrais après m’être changé . »
Elle s’en allait d’un pas perturbé. Moi je penchais sur le visage angélique de Carla pour lui poser un baiser sur les lèvres.. Une infirmière faillit me surprendre, mais j’ai pu prétexter que j’avais l’impression de la voir bouger les lèvres et que cela m’impressionnait d’où cette proximité avec la patiente..
Enfin je me changeais rapidement, histoire de déposer ma mère au plus vite déjà qu’elle était mal en point. J’espère lui tirer  quelques mots de la bouche compte tenu de sa réaction inquiétante.
Une fois dans la voiture elle était déjà assise à l’arrière, chose inhabituelle car elle s’assoit toujours devant, à mes côtés. –« Tu ne restes pas devant maman? » -« Je préfère être à l’arrière je pourrais m’étendre »  -« Tu as raison, mets toi à l’aise , tu rentres avec moi ? ou je te dépose chez toi ? »-« Je veux rentrer. »-« Comme tu veux ma reine ! »
Dans la voiture le silence était lourd , maman affichait une mine renfrognée  durant tout le trajet. Arrivé chez elle je descendis, lui ouvrit la portière et l’aidais à descendre.  J’ai pris l’ascenseur avec elle. Devant la porte de son appartement, je la serrais tendrement dans mes bras comme d’habitude.
-« C’est bizarre tu ne te sens pas bien, tu veux quand même rester seul tu veux que dormes avec toi ? » -eNon mon trésor ca ira-Je vais quand même prendre ta tension, attend deux minutes je vais chercher le tensiomètre dans ma boite à gants . »  -« Noooon noooon !!! ce n’est pas nécessaire rentre de reposer mon fils . »
Je connaissais trop ma mère, quand elle dit non c’est non donc vaut mieux pas tenter d’insister, cela se soldera en un échec total. Je lui ai donc dit bonne nuit après quelques câlins comme à l’accoutumée.
Dans ma voiture, le long du trajet en rentrant chez moi je repensais encore à ma mère.De plus ces derniers temps je ne suis pas toujours dans mon assiette, si ma mère s’y met ce sera une dépression totale et grave. La musique de Aretha Franklin avait fini par m’apaiser à bord de ma voiture.
Une fois rentrée je pris un bain, je me suis affalé dans mon sofa tentant de joindre ma mère en vain pour avoir de ses nouvelles. Ensuite je redescendis prendre l’enveloppe gardée précieusement dans ma voiture. Et là RIEN, l’enveloppe avait disparu je croyais que je devenais FOU, oui FOU c’est le  mot.
J'avais senti une forte douleur en moi, la localiser serait impossible...
C'était comme si l'on m'avait arracher mon coeur, ainsi les tourmentes s’enchaînèrent dans mon esprit comme une interminable symphonie maléfique.
Je n'étais pas dans un état de démence, un terrible état au point d'avoir cru tenir cette envellope, de l'avoir précieusement gardé. Non ce n'est pas possible. Je réfléchis, je réfléchis sois je suis fou soit quelqu'un m'empêche d'en savoir plus sur cette femme. Mais qui ? Depuis le début  personne n'a cherché a s'enquérir de ses nouvelles. Apparemment personne ne pouvait me contraindre à me lancer dans cette folle aventure.
Je remontais chez moi, prenant les escaliers lourdement, mes pas n'avaient aucune logique, ma mine se pliait et se repliait me demandant encore et encore "Comment cela est-il possible?"
En effet à chaque rebondissement de cette histoire j'avais la honteuse et anormale impression de gravir les échelons du surmenage. Au fond de moi je savais que je n'étais pas bien tout se passait dans ma tête comme si je sentais que je m'enfoncais dans une folle exagération, amoureux de cette belle inconnue qui luttait inconsciemment pour ré-obtenir la vie.
Nous étions aux environs de 23heures , et je cherchais à joindre impérativement Marc, dans mon esprit je me disais que jamais, il n'allait répondre à mon appel. Je l'ai tellement mêlé à ma folle course ces derniers temps ..

J'ai du écouter les bips d'attente d'une façon éternelle, j'avais l'impression qu'il n'allait jamais décrocher. Cependant j'avais l'espoir qu'il finirait par décrocher car à moins qu'il éteigne son téléphone portable. Je resterais l'oreille collée à mon smartphone jusqu'au lever du soleil. Il si jamais il éteignait son téléphone j’essaierais de le joindre sur celui de son épouse que je connaissais très bien également.

Une voix enrouée, rauque et grave d'où ressortait une colère...
Marc: " Que me vaut cet appel tardif ?" Moi:" Marc tu m'as bien remis cette foutue envellope ? rassure moi" 
Marc: " Tu commences sérieusement à péter les plombs, toi... Je t'ai remis cette envellope, je t'ai même dit le prénom de ton beau cadavre. ( Il marqua un arrêt) Que ce soit la première et la dernière fois que tu m'appeles pour des conneries pareilles, tes problèmes psychologiques ne sont pas les miens,j'ai une vie de famille, tu en aurais eu une tu aurais eu des limites dans certaines attitudes!" 
Moi:" Excuse moi, tu sais avec Carla", Marc:" Je vous emmerde toi et ton cadavre Karl".

 Un silence glacial... Ah oui je viens de m'en rendre compte: il m'a raccroché au nez.

Les paroles cruelles, dures de Marc, mon meilleur ami ne m'avait pas du tout affecté, elle m'affecteront peut-être quand je reviendrais à la raison...
J'étais en peignoire, j'ai posé ma tasse de café et j'ai pris les clés de mon bolide et j'ai descendu les escaliers en fureur. Si Marc lui même adepte des blagues de mauvais goûts était à ce point fâché c’est bien parce que je  l'ai appelé si tard inutilement, inutilement parcequ'il m'avais effectivement remis cette envellope, il m'avait dit son prénom....
Oh oui suis-je si idiot ?

Une fois dans le parking sous terrain, je me suis rappelé d'elle, de ce jour ou j'ai rêvé l'avoir vu içi, c'était à la même place je me rappelle de la beauté de sa peau d'une douceur apparente, de ses belles lèvres teintées de rose, son sourire étincellent, ses fossettes angéliques, ce regard troublant... 
Mon chapelet d'éloges je l'égrainais toujours dans ma tête même au volant, j'allais à l’hôpital, pourquoi ? je ne sais pas pourtant je ne suis pas de garde. Je prétexterais avoir oublié mon téléphone dans mon bureau, ou une clé ... ou que sais-je ? L'essentiel est bien d'arriver à l’hôpital. 

Je ménageais de terribles efforts pour conduire sereinement car j'étais tellement tourmenté par la perte de cette envellope. Un quart d'heure plus tard je me suis retrouvé à l’accueil de l'hopital, fuyant cette machine biométrique  qui enregistrait les empreintes digitales du personne. Je préférais la clé classique qui me permettrait surement d'éviter certains éventuels reproches. 
Personne à l'acceuil , mon coeur s'apaise. Je me faufile dans le couloir, enfilant une blouse blanche pour éviter d'attirer certains regard sur moi . Enfin j'ouvre la porte de ma chambre ... Et qui je vois ?
Ma mère. A cette heure là ? Dans la chambre de Carla, esseulée, en larmes, sanglotant...
La scène me parut même plus qu'anormale...
Quoi d'uatres Carla toujours dans son "sommeil", ma mère en larmes, des photos éparpillées sur le lit de Carla, ma mère en larmes, moi dans le ballet des tourmentes encore une fois

LES ACHARNEMENTS DU DESTIN 
(6ème Partie)






Vous connaissez ces moments de la vie, surprenants, étonnants  ou vous vous croyez dans votre propre film,  ce genre de moments dans lesquels vous vous dites " C'est quoi tout ca ?, Mon DIEU aidez moi à comprendre cequi se passe , Ce n'est pas possible".Là vous fermez les yeux, vous sentez votre coeur, vos mains, vos veines se glacer, vous essayez de reprendre votre souffle, votre esprit parce que vous savez que vous aurez besoin de force pour affronter "l'inattendu".
Ma mère regardait, sa vue certainement floutée par ses larmes qui ruisselaient déjà sur ses joues, moi je la regardais mais je n'avais pas encore la force de parler, de lui demander cequi se passait, ce qu'elle faisait dans cette pièce, la chambre 521, aux côtés de Karla l'inconnue .
Je respirais, fort, très fort, elle me regardait baissait les yeux légèrement, me regardait encore... Et puis elle fermait ses yeux, secouait la tête. Le scénario devenait insoutenable et surtout inquiétant. J'avais cette boule dans la gorge mais je la resserrai afin de la faire disparaître, et pouvoir parler, mais ma mère m'avait devancé..

_ C'est ca que tu cherches? demandait elle en me montrant l'envellope...

Je ne comprenais pas pourquoi, elle avait gardé cette envellope, j'aurais pu m'énerver tout en sachant que je l'avais cherché comme un malade, et ...

_ Je pense que tu me dois des explications maman, parce que ce n'est pas tes larmes qui vont me faire comprendre ce qui se passe, or il faut que je sache exactement qu'es-ce qui se passe ? d'un ton assez sec ..

_ En fait mon fils, on a beaucoup de choses à se dire ...

_Je m'en doute bien maman..

Alors là sa respiration était rythmée de sanglots, elle n'arrivait pas a parler ...

_Attend je vais aller te chercher un verre d'eau,assieds toi et calme toi , je reviens maman.

Je sortais de la chambre tout pensif, je marchais lentement, il est évident que maman me cache quelque chose de très pesant pour elle. Dans les couloirs, l'infirmière Annia m'interpelle je me retourne, vu qu'elle était de dos..
_Oui , Karl cava ? 
_Oui Annia alors ?
Elle marchait très vite et avait un tas de dossier en mains .
_Comme tu le vois je suis très pressée, mais j'ai un truc à te dire, tu sais la patiente de la chambre 521  (dans ma tête je me disais: quoi encore ?), ce matin je passais dans les chambres et j'ai vu que elle avait des larmes sur les joues...
_Des larmes, as tu bien fait attention elle en quand même dans le coma et le choc qu'elle a eu à la tête lors de son accident de voiture a pratiquement liquéfié son cerveau .. Donc c'est improbable je ne doute pas de tes compétences, on a travaillé ensemble longtemps ...
Elle me coupa la parole brusquement
_ Je sais ce que j'ai vu son visage avait changé d'expression comme si elle faisait une moue et son sourcil gauche est légèrement monté, j'ai vu ses larmes, je les ai même goutés, excuse moi mais j'étais sceptique ..
Ce sont des larme, elle a pleuré Karl ca veut dire qu'elle n'est pas encore à l'étape de la mort encéphallique et je suis sure et certaine qu'elle finira par s'en sortir ...
_ Annia, je l'espère aussi et je pense que nous devrons surveiller ce cas de plus près cette patiente est si mystérieuse..
_ A part ta mère personne n'est venu la voir, ta mère vient tout le temps, depuis que cette patiente est là elle la voit plus que toi, elle l'a même vu avant toi.elle lui parle, lui chuchote des mots tendrement à l'oreille, lui caresse la joue c'est une amie à la famille? Me demandait -elle

J'étais carrément surpris par cette révélation 

_ Oui enfin non Annia, je ne sais pas trop .. je répondais perturbée
_Tu es sure que ca va Karl, depuis quelques temps ... Bref, repose toi je file j'ai un patient en réanimation 

Annia était parti, elle venait de m'apprendre quelquechose de ...  En tout cas, Karla s'en sortira c'est sur mais ma mère, venir la voir, pourquoi ? Enfin ..

J'oublies le verre d'eau , je repars dans la chambre au niveau de la porte je me fais discret, j'entends et je vois ma mère dans l’entrebâillement de la porte qui regarde Karla avec une photo en main, qui lui dis tout doucement  
_Je ne savais pas que le destin me rattraperait, regarde comment tu es devenu, tu n'étais qu'un bout...
Elle tient une photo en main ..

Moi je ne comprends rien , furieux agacé par tous ces scénarios, je rentre je surprends ma ma mère qui, une fois qu'elle se rend compte de ma présence écarquille les yeux, remet la photo dans le sac.

_Maman on ne va pas continuer, dans tous ce labyrinthe mais surtout moi, pourquoi tu m'as pris l'envellope? Pourquoi tu viens voir Karla, pourquoi tu pleures à son chevet? Pourquoi cette photo que tu viens de ranger, Mais maman parle moi !! Tu comptes mentir jusqu'à quand ?
Furieux je prend le sac comme une brute je reprend la photo ...
Je vois un adorable bébé métisse, les yeux bridéset marrons des joues à croquer ...

Ma mère qui se met à mes pieds, éclate en sanglots, me serre les pieds,à genous en larmes, ses pleurs alarmeraient surement d'autres infirmiers, elle pleurait fort, très fort..

_ Pardonne moi, Karl pardonne moi .. Mon amour je t'en prie pardonne à ta mère pour moi ca ne pouvait pas arrivé comme ca, c'est pas possible que tout s'acharne contre moi, pour moi ... Nonn Karl pardonne moi , pardonne moi ..


La voix de ma mère était fragilisée par larmes & sanglots, mais elle lisait dans mon regard mes interrogations ma surprise et elle fut obligée de commencer son incroyable récit:

-Avant de te dire cette lourde vérité, que je te raconte ton histoire, ce lourd passé Karl, il faut que tu saches que l'amour qu'une mère a pour son enfant, vient des abîmes de son âme maternel, du tréfonds de son être,  et tous les risques de ma vie, tous les coups, les larmes que j'ai supporté c'est à cause du fruit des mes entrailles et pour personne d'autre.  Aujourd'hui  je vais te dire ce que je n'ai jamais dit a personne,avant tout tu me jugeras surement mais ta raison te permettra d'établir la juste logique.
Il   y eut pendant un quart d'heure un silence lourd, qui renforçait mon mal-être dans cette chambre d'hôpital...
-Karla est ta soeur. reprit-elle
Les mots sont tombés exactement comme un couperet, je n'arrivais à décrire ce que je ressentais. Les mots de ma mère étaient entrecoupés de longs sanglots, elle termina quand même sa phrase.
-Ta soeur jumelle elle remua encore plus le couteau dans la plaie ..
Moi je ne disais toujours rien, je regardais ma mère, la tête entre les mains... Mes yeux hagards, la suppliaient pour continuer son incroyable et fabuleux récit ?

-Ton père n'a jamais voulu de Karla, elle recommençait à pleurer de plus belle.
- Pourquoi? demandais-je désabusé
- Le jour de votre naissance
Le simple fait de dire votre naissance provoquait en moi d'indicibles et douloureux frissons ..
Le médecin  vint me dire que tout ne s’était pas passé comme prévu, et qu'il avaient le regret de m’annoncer qu'un de mes enfants vient de mourir et que j'ai perdu ma fille.. Seule Dieu pouvait comprendre la tristesse qui m'avait habité en ce moment là ... Je me suis mise à pleurer toutes les larmes de mon corps et de mon coeur, ton père me regardait pleurer sans aucune pitié, il ne me prouvait en rien qu'il compatissait chose que j'ai trouvé bizzare...
- Maman en même temps tu parles de cet homme comme s'il ne faisait que de bonnes choses dans sa vie ...
Epargne moi tes sarcasmes et dis moi tout s'il te plaît c'est aussi mon droit de savoir je ne suis plus un enfant insoucieux de la vie..C'est ma vie mon passé, mon histoire.

- Le médecin m'a consolé quelques minutes me disant que j'avais mis au monde un merveilleux petit bonhomme et que tout a l'heure après le bain  les sages femmes lui auront donné, je le prendrais dans mes bras, je lui donnerais le sein tendrement. Il me disait que ce premier contact ne doit pas être fait sur des notes tristes et des larmes...
Ces mots atténuèrent ma douleur mais ne l’effacèrent pas pour autant, j'avais encore plus mal quand je voyais mon mari me regarder pleurer sans rien dire à part faire des aller- retours dans le couloir, son paquet de cigarette en main. Même pas un seul mot de consolation, d'affection rien pour me soutenir, il me regardait avec des yeux froids.. 

Je me morfondais de douleur morale en plus des douleurs physiques de mon accouchement de moins de deux heures, je peux te dire Karl que dans ma vie de femme, je n'avais jamais autant souffert.
Une heure plus tard, une sage femme rentrait dans ma chambre, tenant un cadeau du ciel, un trésor une magnifique bouille, des petits yeux tous bridés fermés qu'on ne voyait à peine. Tu agitais tes petits poings fermés et tu pleurais comme un ange, ces pleurs étaient les pleurs les plus innocentes et les plus douces. Ces pleurs étaient des caresses à mes oreilles, je souriais en même temps que mes larmes coulaient.
La sage femme me regardait avec des yeux de pitié, elle semblait vouloir me dire quelque chose  je la regardais je lui ai dit - Il est bon mon fils n'es-ce pas ? - Oui, il est beau et je suis désolée pour votre fille..
- Mon coeur est meurti, je ne savais pas que ce serait aussi dur d'être une femme.. La sage femme m'a regardé d'un air triste, elle semblait me comprendre en tant que femme. Soudain elle se mit, elle aussi à pleurer. Je l'ai donc regardé avec un grand étonnement, au fond de moi je me suis demandé pourquoi compatissait -elle autant ? - Madame, votre fille n'est pas morte, elle souffre de trisomie 13, un handicap congénital et votre mari a demandé au médecin son meilleur ami de tuer ce bébé car il ne supporterait pas d'élever un handicapé, ils nous ont donc demandé de l'étouffer à nous les sages femmes ...   Quand elle parlait ma respiration changeait de rythme, les battements de mon coeur aussi je te tenais dans mes bras et je la regardais -Qu'avez vous fait? dites moi qu'avez vous fait demandais -je les larmes aux yeux .  Elle me répondit: -" Je ne l'ai pas tué, un magnifique bébé, le plus surprenant c'est qu'elle n'a rien d'une trisomique madame. Je n'ai pas eu la chance d'avoir un enfant du fait de ma stérilité, chaque jour j'aide des femmes à donner la vie. Je peux vous dire que je n'ai pas eu de doctorat en médecine mais cet enfant n'est pas trisomique et je n'aurais jamais pu le tuer.. Je ne peux pas faire d'enfant alors jamais je ne pourrais en tuer. "
J'ai regardé cette femme droit das les yeux, j'ai posé ma main sur la sienne et je lui ai dit - Je vous confie ma fille Karla, quelque soit ce qui se passera vous êtes aujourd’hui sa mère. Notez moi votre numéro sur un bout de papier que vous glisserez dans le carnet de santé de mon fils, laissez moi vos contacts,  à partir de ce jour Karla est votre fille tout ce que je vous demande c'est pouvoir rester en contact avec vous, et que mes enfants puissent se voir, jouer ensemble, ce sont des jumeaux Dieu les a unis et lui seul sait pourquoi .
La sage femme me regardait et hochait la tête en guise d'approbation.
- Pourquoi ne prenez vous pas votre fille et rentrez avec elle en cachette à l'insu de votre mari, mais vous vous enfuirez après  ?
Je lui ai alors répondu
-Je n'ai nul part où aller à part lui je suis moi même orpheline je ne veux donner des conditions de vie difficile à cet enfant mon mari est un homme violent amère incontrôlable  s'il n'a pas acceptée Karla  le jour de sa naissance, jamais il ne l'acceptera.  Croyez moi je ne veux pas que ma fille souffre déjà. Dites moi comment vous appelez vous ? - Marie Perle Ahoussi .
- Marie Perle je vous confie ma fille, votre fille Karla Perle.
Elle m’embrassa comme une soeur, une amie, une mère et elle me dit: - Je vous promet de prendre soin de Karla Perle, j'appelle mon mari pour qu'il vienne la chercher discrètement tout à l'heure je reviendrais avec mes contacts et je prendrais les vôtres mais je vous en prie ne parlez à personne de notre conversation je risque mon emploi, mon avenir, la prison tout ce que vous n'imaginerez jamais
- Ne vous faites aucun soucis  et n'oubliez pas les contacts dans le carnet de santé!
Toi Karl tu étais dans mes bras, je t'allaitas et je caressait ta douce frimousse, il n'y avait que toi présent lors de cette conversation avec Marie Perle.

J'interrompis ma mère: - Ah, pourquoi a-il fallu  que j'ai un père comme celui là ? La trisomie 13 c'est juste un handicap due à un chromosome supplémentaire,cela ne rend pas Karla monstre pour autant...

- Regarde là, aujourd'hui à t-elle les traits d'une malade ? elle ne souffre pas ils ont du faire une erreur et elle n'a jamais eu cette maladie ? Je n'ai jamais su pourquoi ton père a voulu tuer cet enfant ?
Donc  tout ce passa comme prévu, le mari de Perle vint récupérer ta soeur discrètement, Perle et moi échangions les contacts, adresses, nous nous jurâmes de ne jamais rien se cacher, en tant que mères, de toujours tout faire pour que nos enfants puissent avoir l'occasion un jour de se retrouver. Nous avions envisager d'essayer de se voir régulièrement afin que vous puissiez vous connaitre .

Tout était si bien parti ...