samedi 19 octobre 2013

Jusqu'où irons nous? #Part 2





 Les couleurs du  ciel commençaient à perdre subtilement leurs éclats, pour des tons plus assombris. Le soleil majestueux  confondait ses rayons dorés dans la largesse de l’horizon et s’effaçait peu à peu à l’ouest.. Le soleil se couchait sans que personne n’ait pu retrouver Fayadila. Shareef nerveux se tenait comme d’habitude  à sa terrasse  favorite au sein de l’immense propriété qu’il habitait.  Il appelait cette terrasse son « harve de paix ».Spacieuse, et aérée, il y avait installé des fauteuils en rotins et leurs coussins marocains, elle donnait sur la magnifique plage, et des bais vitrées ornaient cet espace en y ajoutant un charme paisible, cette terrasse de forme circulaire avait sur ses murs des peintures italiennes du style de la renaissance, qui  rendaient l’endroit unique. Les couleurs pâles, quelques peu jaunies typiques à ce style de peinture et leurs femmes nues divinement gracieuses décoraient ces murs de façon merveilleuse.Il Passait toujours une demi-heure au minimum dans cet endroit de la maison, à chaque fois qu’il revenait du boulot, aussi bizarre que cela puisse paraître, il y allait automatiquement avant d’aller embrasser sa femme, regarder la télévision, enlever ses chaussures. Une fois que la voiture garait, son chauffeur lui ouvrait la portière, prenait son sac et lui descendait et  s’asseoir dans les fauteuils en rotin, pour contempler la magnifique vue. Shareef, depuis sa tendre enfance adorait plonger son regard dans l’immensité de la mer. Regarder la mer, les chevaux  majestueux qui se baladaient sur la plage avec leurs maitres, les vagues audacieuses qui avançaient de plus en plus, les vendeuses de fruits rafraichissants, les vendeurs de tableaux, de sculptures africaines. Dans les promenades de son regard, il vit une vendeuse d’ananas, sa marchandise sur la tête, se faire prendre en photo par un touriste. Il avait une vue magnifique, cela l’avait toujours apaisé de sentir le vent frais sur sa peau,  quand il déboutonnait sa chemise, mais aujourd’hui il semblait particulièrement inquiet malgré tout.


-       Dieu est un artiste, notre pays est magnifique dit-elle en caressant ses épaules

-Shareef sursauta comme s’il venait d’entendre un fantôme, il se retourna pour faire face à Sharon son épouse.
-Sharon que fais-tu là ? Tu m’as fais peur tu sais. Dit-il d’une voix angoissante et cassante
- Je suis ta femme ya t il des pièces de la maison où je suis interdite d’accès ?
-Non, mais tu sais très bien, que quand je suis ici, j’aime être seul, dans le silence, c’est mon havre de paix, içi  tout n’est qu’ordre et beauté comme le dirait Baudelaire
- Eh voilà, il me sort du baudelaire, soupira t-elle
-Que veux-tu Sharon ?
- Bébé,  c’est justement, cà le problème, tu vis comme si tu étais seul, je suis ta femme, tu ne me regardes même plus, depuis combien de temps ne m’as tu pas touché ? embrassé ? fait l’amour ? Chuchota Sharon entre deux sanglots.
- Ecoute, Sharon ne commences pas, j’ai eu une journée chargée, j’ai juste besoin de..
- Moi j’ai juste besoin d’amour Shareef,j’ai besoin que tu me regardes un peu, on fait souvent des semaines sans se parler, sans même se dire bonjour, je suis dans cette grande maison, malheureuse comme tout. Shareef, pourquoi tu ne me parles jamais et quand tu me parles me dis tout le temps des choses blessantes.
- Sharon… lâcha-il surpris de voir son épouse en larmes,
-Shareef, tu ne m’as jamais aimé depuis le jour où tu as su que je ne  faisait pas d’enfants, mais fais au moins semblant de m’aimer.
Shareef s’approcha d’elle et pour la première fois eut un pincement au cœur de la voir si dévastée, il caressa sa joue et essuya ses larmes de sa main  à son tour, elle aussi toucha la main de Shareef
-Shareef, oú est ton alliance ?
- Je l’ai égaré dit-il à voix basse en baissant son regard.
- Egaré comment ? Renchérit Sharon en fronçant les sourcils.
- Ecoute, Sharon..
-Je ne suis pas venue vers toi pour une tempête de colère, de paroles blessantes. Je veux qu’on parle, qu’on passe du bon temps ce soir. C’est peut- être bizzare, mais tu me manques, pourtant nous dormons dans le même lit. Dit-elle les yeux larmoyants
- Sharon, s’il te plaît arrête de pleurer, je ferais des efforts.
- Ce soir, j’ai prévu quelque chose pour nous, tous les deux comme avant.

Shareef, face à cette initiative ne pouvait refuser ce programme. Il n’avait jamais vu Sharon aussi dévastée et il se sentirait si mal de décliner ce qu’elle proposait. De plus, la voir à genou là, en face de lui, les larmes aux yeux, la voix tremblante. Il fera un effort car il n’aime pas faire du mal, il a encore le cœur d’un petit garçon et sa sensibilité est toute suite touchée quand il voit quelqu’un souffrir. En dépit du fait que , ce mariage n’était plus qu’un véritable carnage, et que depuis des années il n’avait pas effleuré la peau de sa femme, il tentera de changer les choses.

-       Ok, je serais là. Maintenant, s’il te plait relève toi et arrête de pleurer Sharon. A quelle heure partirons nous? et où irons nous ? demanda t-il en l’aidant à se relever.
-       Nous partirons à 20H, en ce qui concerne le lieu c’est une surprise…
-       Ok, maintenant vas te préparer ma chérie.

A l’instant même le sourire qui illumina le visage de Sharon en disait long sur sa joie intérieure, car jusqu’à ce jour maintes tentatives pour reconquérir son homme s’étaient vouées à l’échec. Les tabloïdes, avaient toujours mis en scène un couple parfait, l’épouse heureuse et comblée d’un milliardaire du Sangala. Cependant, elle savait très bien que tout le monde se demandait comment après 7 ans de mariage, elle n’avait donné vie à aucun enfant. De plus en plus, les choses se sont compliquées, l’horloge biologique tourne et la ménopause était proche.Ils avaient tout essayé les remèdes traditionnels comme les médecines les plus futuristes du 21 ème siècle aux 4 coins du monde, mais rien n’y faisait. Aucun enfant. Les occupations professionnelles de son mari n’en étaient pas forcement la cause de cette absence, il y avait aussi sa seconde vie. Shareef a toujours été un puissant mâle. Par ailleus, il passait son temps dans les bars, les clubs privés, il couchait avec des centaines de femmes, et ca elle le savait. Elle se taisait, elle acceptait tout de lui, elle ne s’en plaignait jamais de peur de permettre une tempête médiatique mais aussi parce qu’elle l’aimait et qu’il a toujours été l’amour de sa vie. Elle acceptait tout les coups, les injures concernant sa stérilité, la honte et tout.  Aussi, Sharon avait toujours eu le soutien moral de son beau père Prince Kingsley, qui la considérait énormément et ne cessait de lui répéter qu’elle était une femme courageuse, battante, que rien n’ébranlait pas même les infidélités excessives de son mari.
Alors, Sharon au fil du temps s’était résolue à supporter, accepter, prendre tout sur elle même car elle avait l’espoir qu’elle pourrait encore sauver son mariage.

-       Je me ferais belle pour toi, mon amour. Répondit-elle la voix tremblante pleine d’émotions. 

Depuis combien de temps, ne l’avait-elle pas appelé mon amour ?


-       Monsieur Kingsley, je dois vous parler. les interrompit Moises
-       Moises, cela ne peut-il pas attendre ? demanda Sharon énervée par le fait que le chauffeur ait brisé la magie du moment.
-       Chérie vas donc te préparer, laisse-moi parler à Moises s’il te plaît.


Sharon s’en alla en lançant un regard de sévère et glacial à Moises.

Shareef était maintenant seul avec Moises sur la terrasse, il vérifia que Sharon s’en était bien allé et s’approcha de Moises.

-       Oui Moises.
-       Eh bien Monsieur, j’ai retrouvé Fayadila chez elle.
-       Vous a t-elle remis le portefeuille ?
-       Non, monsieur.
-        Je ne comprends pas, Shareef commenca à s’emporteré
-       Fayadila, désire vous remettre ce portefeuille  en mains propres.
-       Mais,  pour qui se prend-elle ? Qu’elle arrête de faire la pétasse, bon sang ! il y a quelques jours, elle m’envoyait balader au 136, il a fallu qu’on la suive au Southfork inn pour la voir se faire tripoter, onduler ses hanches comme une malade, faire la pétasse.
-       Excusez-moi monsieur, mais C’EST une pétasse. Je vous conseillerais, pour la première fois de ne pas fréquenter cette jeune fille.
-       Oui, mais là, je récupère mon portefeuille et mon alliance comment ? demanda Shareef en agitant sa main gauche .
-       Fayadila vous attendra à 22heures au  Cristal.
-       Moises, je dois dîner avec ma femme dans une heure.

Moises eut un long rire suivi d’une mine surprise


  -Vous…vous dînez avec Madame Kingsley ? Babutia Moises
  - Oui, je sais que c’est étonnant mais ce soir elle m’a semblé si dévastée, elle me l’a     proposé et je n’ai pas pu refuser.
   - C’est une chose merveilleuse et je pense qu’il en était temps, elle souffre vraiment vous savez.
  - Donc j’en déduis que je ne peux pas remettre ce dîner ? Lança Shareef
   - Cela serait déplacé, allez au dîner avec Madame Kingsley, je viendrais vous chercher pour vous déposer au Cristal à 22H prétextant un rdv d’affaire avec vos associés hollandais, Fayadila ne se plaindra pas d’un retard de 10 minutes, mais cette Fayadila est très folle il vaudrait mieux aller au cristal.
- Bonne idée.
-Où es-ce que j’irais  vous chercher ?
- Je n’en ai aucune idée car Sharon veut me faire une surprise.
-Vous m’enverrez l’adresse par sms.
-Merci Moises


Shareef alla lui aussi se préparer pour ses deux rendez-vous, l’un avec sa femme et l’autre avec Fayadila. Il était quelque peu perturbé à l’idée de revoir cette sulfureuse Fayadila le soir où sa femme organisait un diner pour essayer d’arranger les choses entre eux. Il entra dans la chambre prendre sa douche, quand il vit  Sharon assise en face de la coiffeuse entrain de se passer de la crème sur le corps. Sur le grand lit, était étendue une longue robe de soirée rouge ornée de perles au niveau de la poitrine. Il venait de se rendre compte que Sharon lui sortirait le grand jeu ce soir. Il observa silencieusement Sharon entrain de fredonner une chanson de Marvin Gay. Quand celle-ci s’en rendit compte elle lui sourit.

-       Tu n’es toujours pas sous la douche ?
-       Je ne perds pas de temps dans la douche, tu le sais bien.
-       Regarde ce que je portes ce soir, te rappelles-tu  de cette robe ? demanda t-elle en touchant la robe sensuellement
-       Oui, la robe que je tu as porté pour notre dîner à Venise, le troisième soir de notre lune de miel.
-       Tu t’en rappelles encore et ca me fait chaud au cœur.

Sharon s’empara du menton de son homme et se mit à l’embrasser tendrement, puis elle se rapprocha de lui, jusqu’à ce que sa serviette tombe et qu’elle se retrouve totalement nue en face de lui. Puis Sharon se frotta de plus en plus au torse de son mari, elle sentit le désir l’envahir et le baiser devint de plus en plus fougueux. Shareef surpris, était quelque peu étranger à ce baiser malgré lui, il s’était tellement éloigné de son épouse ces derniers temps qu’il se sentait mal de ne rien ressentir quand elle l’embrassait avec tant de dévotion amoureuse. Sharon prit les mains de son homme pour les guider vers ces  hanches, et se serra encore plus contre lui.

-Chérie, je vais prendre ma douche. l’interrompit-il dans on élan de désir.

Sans dire mot, Sharon s’arrêta, et remit sa serviette. Shareef entra dans la douche, et laissa le jet d’eau chaude couler sur son corps, il se sentait tout d’un coup mal. Toutes ces femmes, qui faisaient vibrer leurs formes contre lui, toutes ses escortes qui lui faisaient passer des moments torrides arrivaient à le rendre fou de désir, de plaisir, mais son épouse ne lui faisait aucun effet. Il avait senti les pointes de ses seins dressées contre lui,  la douceur de sa peau après sa douche,  le parfum de cette crème qui le rendait fou autrefois, il avait touché sa femme, l’avait vu , senti nu sans ressentir le moindre soubresaut de désir.

Quelques minutes plus tard monsieur et madame Kingsley étaient prêts. Sharon portait cette longue robe de soirée en satin de couleur rouge, ce rouge qui symbolisait le feu de sa passion, des perles ornaient le bustier qui rendait encore son décolleté plus attirant. Une écharpe de la même couleur  entourait ses épaules de façon élégante. Son cou arborait un magnifique collier de diamants qui scintillaient pour laisser un diamant plus ovale trôner au beau milieu de sa belle poitrine. Les boucles d’oreilles assorties à sa parure accentuaient les traits fins de son visage. Sharon n’aimait pas se maquiller, mais ce soir elle avait des joues légèrement plus roses, des lèvres pulpeuses d’un rouge extraordinairement raffiné et somptueux Ses  cils étaient sublimés d’un mascara bleu.Elle tenait sa pochette de façon gracieuse, et ses fameuses paires de talons à la semelle rouge lui donnaient quelques centimètres en plus et affinait encore plus sa taille.Sharon était classe, et très belle pour une seule personne Shareef. Shareef, lui portait un élégant costume qui avaient des teintes noires, mais un noir particulièrement brillant et raffiné. Sa chemise blanche classique légèrement près du corps,  ne laissait aucune place à l’imagination, et son  ventre parfait ses muscles saillants, son torse sculpté, ses épaules larges, on pouvait même compter les lignes.Il était chaussé d’une paire de soulier italienne en cuir, un cuir patiné et sobre. Il n’avait pas encore noué sa cravate, alors Sharon s’avança et la lui noua affectueusement en le regardant droit dans les yeux, et se rendait compte que son mari Shareef Kingsley était vraiment bel homme. 

A la grande surprise de Shareef, Sharon, lui banda les yeux…

-       Sharon que fais-tu ?
-       Ne gâche pas le moment, je t’ai bien dit que c’était une surprise.
-        Mais, je veux quand même voir où es-ce que je mets les pieds.
-       Chut, murmura t-elle en lui mordillant l’oreille.
-       Sha..
-       Prend ma main, fais- moi confiance. Je ferais les règles du jeu ce soir mon amour.
-       Ok. Dit-il

Quand Sharon prit sa main, elle éprouva un fou désir et , elle ne pouvait que s’en réjouir.
C’est ainsi qu’elle le guida jusqu’au parking, et l’installa à bord de la voiture  puis se mit au volant.Quand elle démarra, Shareef aveugle pour un soir se mit à sourire.

-       Pourquoi souris-tu mon cœur ?
-       Tu as pris la Bugatti Veyron ?
-       Oui.
-       Tu ne conduis jamais cette voiture, je ne veux pas mourir aveugle.
-        Oui, mais comment tu as su que tu es dans la Bugatti ? demanda t-elle en éclatant de rire.
-       Les sièges en velours, le confort et pleins d’autres choses. Répondit Shareef
-       Tu vois que ce n’est pas si dramatique d’être aveugle. Répondit Sharon d’un ton enjoué.



Les minutes s’égrainaient et ils arrivèrent à destination, Sharon aida son mari a descendre de la voiture.

-       Tu ne vas pas me faire défiler devant tout le monde les yeux bandés Sharon ?
-       Non, pas du tout. Attends que je te retire ca.

Quand elle retira, le foulard il vit l’enseigne : Cristal Restaurant Bar Lounge. Il fut automatiquement pris de panique, et faillit s’énerver.

-       Pourquoi as- tu choisis le Cristal ?
-       Je sais que c’est ton restaurant préféré, il font les meilleures gambas de Sangala, ils ont les meilleurs vins sud-africains, surtout ton préféré  le Longridge. Ce sont les seuls restaurateurs à servir ce vin. En plus, il y a ce chanteur de jazz qui sait jouer les plus belles chansons de Lionel Richie.Il y a tout pour te faire plaisir au Cristal.
-       Nous pouvons aller manger ailleurs Sharon ?
-       Pourquoi, mangerions nous ailleurs Shareef, mais enfin c’est ton restaurant préféré, j’ai du même voir le gérant parce que Carlos le chanteur ne travaillait pas aujourd’hui ils l’ont fait venir exprès mon cœur !
-        Ok, ok Sharon, entrons
-       S’il te plait Shareef, je tiens à ce qu’on passe un beau moment.


Le flash d’un appareil photo vint foudroyer le regard de Sharon et de son homme.

-       Eh voilà, ca recommence… dit Shareef exaspéré.
-       On aurait du venir avec nos body guards, on aurait dû aller manger dans un endroit plus discret.
-       Shareef je t’en prie.

Ils finirent par rentrer dans l’enceinte du Cristal. C’était une ambiance magnifique reposante avec ce timbre de voix de Carlos en fond sonore, ce pianiste  en nœud papillon élégamment vêtu. Dès qu’ils entrèrent, tous les regards se dirigeaient vers eux, la gérante vint elle même leur assigner une place.

-Souris un peu, pourquoi est-tu nerveux ?
- Excuse moi chérie, mais j’aurais du te prévenir j’ai rendez vous avec les actionnaires hollandais dans une heure.
- Ce n’est pas grave, tu iras à ton rendez vous dans une heure. J’attendrais ton retour à la maison.
-J’ai oublié mon téléphone à la maison, quand tu m’as mis ce foulard, j’ai complétement oublié zut !
- Voici le mien appelles.

En lui tendant le téléphone, Shareef se rendit compte qu’il était sur le point de se décharger, il composa avec empressement le numéro de Moses, mais le téléphone était déjà éteint. Il commença à s’énerver.,.

-       Shareef, nous ne tarderons pas pour que tu puisses rentrer et appeler Moises. Ok ?
-       OK.

Le serveur s’approcha d’eux, et proposa la carte des vins. Ils n’en eurent pas besoin et commandèrent le Longridge accompagné de quelques olives dénoyautées comme Shareef les aimait en apéritif.  Un quart d’heure plus tard, ils commandèrent  la spécialité de la maison : des gambas farcies à la provençale. Le repas vint, l’ambiance était toujours aussi tendue. La chanson stuck on you de Lionel Richie retentissait dans le merveilleux cadre du Cristal, Shareef et Sharon se regardaient.

-       Mon cœur, tu te rappelles que c’est sur cette chanson que nous avions dansé  le jour de notre mariage ?
-       Tu étais si heureuse.
-       Je le suis toujours.
-       En es- tu certaine, demanda Shareef ?
-       Alors tu es conscient du fait que tu me fais souffrir ?
-       Tu as organisé tout cela pour me reprocher mon attitude diabolique ? dit-il en posant brusquement sa fourchette
-       Je ne te reproche rien.
-        Tu sais je ne suis pas fière de n’avoir pas pu te donner un enfant. C’est Dieu qui donnes.Shareef, je t’en prie, es-ce que tu peux imaginer à quel point je souffres ? N’en as tu pas marre Shareef ? Pourquoi penses-tu que je restes encore là malgré tout ce que tu me fais ?
-       Je n’en sais rien.
-       Parce que je t’aime dit-elle en lui prenant les mains…
-       Ne recommences pas à pleurer s’il te plait Sharon
-       Tu n’aimes pas me voir pleurer, et pourtant je pleure, tous les jours de ma vie chaque fois que tu quittes la maison pour le boulot, chaque matin quand je te regarde prendre ton café sans que tu ne m’adresse un mot. Chaque fois que tu rentres tard dans la nuit et que tu me trouves endormie, ce sont mes larmes qui me noient, je ferme les yeux en pleurant, je les ouvre en pleurant.

Le cœur de Shareef se reserra aussitôt.

-       Es-ce parce que je n’ai pas d’enfants que je mérites d’être traitée ainsi. Je t’aime Shareef.
-       Je t’aime aussi Sharon, mais je suis un homme difficile, la vie m’a rendu si amère. Pardonnes mon caractère invivable, mes interminables virées nocturnes, hélas c’est ma nature.
-       Ce n’est pas ta nature car avant tu n’étais pas comme ca  avant.

Shareef, n’entendait plus rien du tout. Fayadila venait de rentrer dans le restaurant vêtue d’une robe courte provoquante de couleur bleu, ses cheveux le long de sa cambrure tombait sur ses hanches de façon sensuelle. Elle avançait d’un pas nonchalant et elle portait des escarpins hauts extrêmements brillants. Tout le monde l’avait remarqué.

-       Shareef, shareef… s’écria Sharon qui parlait à une sorte de fantôme muet  aux yeux écarquillés.

Il ne répondit pas et se rendit compte qu’il se retrouvait dans un merveilleux pétrin au Cristal ce soir. Sharon s’emporta et tapa du poing sur la table au et les couverts résonnèrent plus fort que la musique. L’attention de toutes les tables se dirigea alors vers la leurs.  Fayadila le reconnut immédiatement et marcha d’un pas nerveux vers leurs tables.



-       Tu te fous de moi gros pervers ?  s’emporta Fayadila
-       Qui êtes vous lança ? Sharon en se levant 
-       Toi je ne t’ai pas encore sonné la bourgeoise !
-       Shareef, tu ne dis rien ? demanda son épouse
Shareef regardait Fayadila, mon dieu qu’elle était belle, exquise, magnifique, splendide…
-       Tu es muet ? dit Fayadila en lui serrant les cols.
-       Je vous interdis de toucher mon mari de la sorte ! s’offusqua Sharon
-       Laisse moi t’expliquer Fayadila. Sortit Shareef d’une voix tremblante
-       Sécurité, sécurité lâchez lui ces cols… cria de plus belle Sharon
-       Sharon reste en dehors de ca répondit Shareef les cols toujours serrés par Fayadila
-       Ce n’est pas nécessaire d’appeler la sécurité, je m’en vais cria Fayadila…
-       Alors dégagez d’ici répondit Sharon


Fayadila sortit son sac et posa le portefeuille de Shareef sur la table et elle mit l’alliance de Shareef dans la coupe de vin de sa femme en souriant.

Fayadila sortit du restaurant, et Shareef courut la retenir.Une fois devant le restaurant. Il la supplia

-       C’est un malentendu, je t’expliquerais,je t’en pries.
-       Nous n’avons plus rien à nous dire. Taxi ! héla Fayadila

Elle s’engouffra dans le taxi, et Shareef s’empressa de rentrer dans le restaurant, il prit la clé de la voiture sous le regard désabusé de Sharon et ressortit pour se  lancer  à la poursuite du taxi.

Un sentiment de trahison envahit Sharon, une grande colère s’empara de son être.  Elle était assise encore en face de ces deux couverts, ces deux coupes sans bouger. Sharon était pétrifiée, elle regardait avec impuissance la coupe de vin qui contenait l’alliance de son  mari, devant la foule médusée et les paparazzi déchainés. Elle voulait bouger, mais elle n’arrivait pas, elle avait honte se sentait mal, la tristesse l’envahissait, mais surtout la colère. Le sang pulsait de ses veines, les battements de ses tempes et de son cœur se faisait entendre. Elle prit son téléphone, voulut appeler mais il était déchargé. Les larmes perlaient sur ses joues, elle les ravala aussitôt et utilisa une serviette de table pour éponger ses joues.

-       Madame Kingsley, es-ce que ca va ? demanda la gérante
-       Oui, es-ce je pourrais passer un appel avec votre téléphone ?
-       Oui bien sûr, tenez répondit la gérante en s’exécutant aussitôt


Les mains tremblantes, elle composa le numéro de sa mère.

-       Allô, maman, cest moi.. dit-elle d’une voix tremblante
-        Sharon,que se passe t-il ? tu pleures ?
-       Je ne voulais pas te déranger, je suis désolée de t’appeler si tard.
-       Que se passe t-il ?
-       Maman es-ce que tu peux venir  me chercher au Cristal Bar Lounge ? 43 Rue Providence Lane.
-       Mais que fais-tu labas ? Et Shareef ?
-       Il m’a laissé ici, il a pris la voiture pour supplier une autre
-Qu,es-ce que tu racontes ? tu vois, c’est exactement ca le problème avec toi. Tu acceptes tout, tu ne dis rien, on te poignarde et tu souris.
-       Maman, je fais tout pour sauver ce mariage.
-        Laisse moi te dire ma petite fille adorée que une femme ce n’est pas seulement la douceur, la tendresse. Toi, Sharon tu n’utilises  jamais les bonnes méthodes, ne bouges pas maman arrives. Ce soir, en tant que mère et femme mariée j’ai beaucoup de choses à te dire.




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