samedi 12 octobre 2013

Jusqu'où irons nous? Part 1





Prince avait réunit ses deux enfants dans son immense bureau en marbre et ses meubles vernis, celui dans lequel il ne les conviait que lorsqu’il y avait des décisions importantes pour l’entreprise. Il était assis comme à son habitude dans son grand fauteuil en cuir –cadeau de sa défunte femme- qu’il ne quittait jamais. Il avait allumé un cigare en attendant ses enfants. Il était arrivé trente minutes avant la rencontre, mais cela ne le gênait pas. Il aimait le silence de cette pièce, qui lui permettait de réfléchir. Prince Kingsley était le PDG d’une entreprise dans un petit Etat à côté du Nigéria qui s’appelait le Sangala. Il commercialisait du vin de palme depuis maintenant 25 ans, était propriétaire de multiples complexes hôteliers dans le monde entier, et avait des actions dans de nombreuses entreprises de la place. Il avait de l’argent, beaucoup d’argent. Pourtant, il avait cette amertume qui ne le quittait pas. Pas parce qu’il avait raté sa vie, loin de la, mais parce qu’il était passé à côté de tellement de choses, à cause de sa passion pour son travail. Il avait éloigné sa famille de lui sans le vouloir et lorsque sa femme s’était suicidée,  il avait pris brutalement conscience que sa famille s’effondrait. A 60 ans, il n’était toujours pas heureux, et avait l’impression qu’il lui manquait quelque chose. Rejetant de la fumée par la bouche, il fixa sans le voir l’immense baie vitrée de son bureau. Il avait depuis ce temps tout tenté pour remettre sa famille sur les rails et la rendre plus unie. Et aujourd’hui, plus que jamais, il allait faire bouger les choses.
-Papa ? Appela James depuis le fond du bureau. Je peux entrer ?
-Oui mon fils entre. Où est Shareef ?
-Je ne sais pas, et je ne veux pas le savoir, répondit James sans autre forme de procès. Commençons sans lui si ça ne te dérange pas, j’ai du travail.
-Je suis content que tu aies une conscience professionnelle, mais c’est moi ton patron de toute façon. Et j’ai tenu à ce que vous soyez là tous les deux pour entendre ce que j’ai à vous dire. Alors, attends ton, frère.
James, se renfrogna aussitôt et s’assit brusquement dans le fauteuil en face de son père. Il n’aimait vraiment pas la façon dont son père le traitait. Il avait pourtant tout fait pour lui plaire et en avait vraiment  mare de lécher les bottes. Près d’un mois maintenant que Prince avait annoncé à toute l’entreprise qu’il se faisait vieux et qu’il allait trouver un nouveau successeur. Tout le monde avait immédiatement pensé à lui, puisque c’était l’aîné. Mais tout se passait comme si son père avait changé d’avis le concernant et ce n’était vraiment pas pour lui plaire. De plus, il ne comprenait pas pourquoi son père tenait tant à ce que son inconscient de frère participe aussi à la réunion. Shareef était tout ce qu’il y avait de plus libertin. Ce qui était paradoxal, puisqu’il s’était marié. Il n’était jamais sérieux et ne s’intéressait à l’entreprise que parce qu’elle constituait une source de revenus pour lui. Alors que James lui était passionné, il adorait son travail. Avec un long soupir, il fixa sa montre énervé. Shareef arriva enfin. Sans saluer ni son père ni son frère, il s’assit directement sur une chaise non loin de la et s’adressa à son père :
-Alors ? qu’est ce qu’il ya papa ? tu voulais nous voir ?
Levant les yeux au ciel, James resta silencieux, essayant de conserver sa colère pour lui. Il n’arrivait vraiment plus à supporter la désinvolture de son frère. Vivement qu’il devienne le nouveau PDG et qu’il puisse virer son cul de l’entreprise pensa t’il. Prince se leva  et fixa sérieusement ses deux enfants tout en leur parlant
- Comme vous le savez tous les deux, je me fais vieux. J’ai besoin d’un successeur, et je ne sais pas si l’un de vous a l’étoffe d’un PDG. Je tiens beaucoup à cette compagnie et je ne peux pas la laisser entre les mains de n’importe  qui.  Voilà pourquoi j’ai décidé que si je devais confier ce poste à l’un d’entre vous, il fallait m’assurer que celui-ci ait le sens des responsabilités.
-Attends, tu ne vas pas nous mettre en compétition papa, ce n’est pas vrai ! éclata James. Tu ne vas pas me comparer à ce demeuré toute ma vie, je suis le plus âgé bon sang, je fais nettement plus de profits et tu le sais ! alors pourquoi ne pas arrêter ces jeux ridicules et me désigner comme PDG ?
Prince lança un regard dur à son fils aîné. Il se sentit triste intérieurement. Ils n’avaient vraiment rien compris, pensa t-il.
-Que ce soit clair, lui assena t-il. Cette société est la mienne. La mienne tu entends ? et je ne me fonde pas sur des critères de famille pour choisir mes employés. Le fait d’être mon fils ne te rendra pas plus apte à ce poste. Tu es très loin d’avoir le sens des responsabilités. Tu fais quoi lorsque tu as fini ton travail ? tu vas dans des bars n’est ce pas ? tu n’as même pas quelqu’un dans ta vie. Ni femme, ni enfant. Et toi Shareef, tu n’es même pas capable de te comporter en homme marié. Tu te disputes tout le temps avec ta femme et je n’ai toujours pas de petit fils. Croyez-moi, Je n’aurai aucun scrupule à nommer un étranger PDG de cette entreprise et ce sera un plaisir de le donner à quelqu’un qui le mérite vraiment. Je vous donne six mois. Celui qui remplira ma condition sera nommé PDG. Je me fiche de la manière dont vous vous y prendrez.
Shareef qui était resté silencieux jusque là lui répondit
-Qu’est ce qui arrivera si à la fin de cette période, on a tous les deux une famille et des enfants ?
Son père lui sourit, se grata la barbe et lui répondit : J’aviserai à ce moment la. Mais je suis pratiquement certain que ça n’arrivera pas. Sur ce, sortez de mon bureau. J’en ai fini avec vous. Les deux fils se levèrent en silence et quittèrent le bureau, laissant Prince à nouveau seul.
Il était encore tôt, mais Shareef décida d’annuler tous ses rendez vous de la journée pour prendre l’air. Les paroles de son père l’avaient vraiment atteint. Il se sentait vraiment mal que son père le prenne pour un irresponsable. Que ce soit James encore cela passait mais là il avait vu dans le regard de son père une déception qui lui avait fendu le cœur. Il voulait vraiment que celui-ci soit fier de lui. Et puis, était-ce sa faute si lui et Sharon n’arrivaient pas à avoir d’enfants ? Les gens n’avaient aucune idée de la frustration qu’il ressentait. Son couple battant de l’aile, que pouvait-il faire d’autre à part aller boire et essayer d’oublier ? En tous cas, il ferait tout pour avoir ce poste lui aussi. Pour leur montrer sa valeur. Il n’avait vraiment pas envie de rentrer se dit il.
-Dépose moi au Bar 136 Moises, ordonna t-il à son chauffeur qui était aussi son garde du corps le plus fidèle.
-Oui Mr Kingsley.


Le bar 136 était un bar miteux de son ancien quartier. Il y allait depuis qu’il était adolescent. Il aimait y aller pour se ressourcer, mais aussi pour garder le contact avec son ancienne vie. Ils n’avaient pas toujours été riches. Ils avaient même eu de gros problèmes d’argent par le passé. Alors ce bar, c’était le moyen qu’il avait trouvé pour garder ses pieds ancrés à la réalité. Le bar avait changé depuis ; de nouveaux décors pour attirer une clientèle plus jeune, de nouveaux serveurs, et même une connexion wifi. Il était tout à ses pensées quand son regard se figea devant une barmaid. Elle parlait avec une autre barmaid et avait éclaté de rire. Le sang de Shareef ne fit qu’un tour.  Les dents de cette fille étaient si blanches qu’on aurait dit qu’elles captaient toute la lumière de la pièce. Elle avait des traits fins, un visage en cœur, des yeux en amande et une bouche à damner un moine. Elle avait un teint noir propre aux femmes africaines, et des formes généreuses. Shareef la regarda longtemps, très longtemps. Elle état tout simplement appétissante, pensa t-il. Son instinct de mâle refit aussitôt surface. Il fallait qu’il parle à cette fille. Il fallait qu’elle soit sienne, et il fallait qu’elle le soit ce soir…
Elle avait fini de parler et s’était retournée à son comptoir. Shareef profita du moment qu’elle était seule et s’approcha d’elle. Il s’extasia encore plus du spectacle maintenant qu’il se trouvait en face d’elle. En plus d’être belle, elle dégageait une aura sexuelle si forte, qu’il en avait le souffle coupé. Il ne pouvait pas dire un mot, ni respirer. Il n’avait pas ressenti ça depuis très longtemps.
-Je vous veux, réussi t-il a dire. Malheureusement pour lui, Il était trop tard quand il se rendit compte qu’en fait, il avait pensé tout haut.
Fayadila pencha la tête sur le côté, laissant découvrir dans son cou un tatouage d’araignée –on aurait dit que celle-ci allait la piquer- et lui demanda, comme si elle n’avait pas entendu.
-Pardon ? vous voulez boire quelque chose ?
-Je vous veux, répéta t-il.
Ça sonnait vraiment débile dit de cette manière, mais c’était les seuls mots qui lui venaient à l’esprit. C’était comme si tous les mots qu’il connaissait avaient disparu de son vocabulaire, ne laissant qu’un vide sidéral dans son esprit déjà troublé.
Ecarquillant les yeux, elle éclata de rire cette fois. Shareef se sentait vraiment bête. Et dire qu’il avait dit ça tout haut. Lorsqu’elle se fut calmée, son visage se rembrunit et c’est avec dureté qu’elle lui répondit
-Dégage de la. J’ai du travail. Si tu es trop bourré, rentre chez toi. Et si tu ne l’es pas assez, commande une boisson et ce sera avec plaisir que je te servirai. Sinon, ce sont les videurs qui vont gentiment te raccompagner.
Shareef tombait des nues ; là sa fierté en prenait vraiment un coup. Mais pour qui se prenait elle, à lui parler de la sorte ? Savait-elle au moins à qui elle avait affaire ?  D’un autre côté, son approche n’avait pas été très judicieuse et il comprenait bien que trop sa réponse méfiante. Il décida de changer d’angle d’attaque.
-Vous avez raison, je me suis mal exprimé, je suis..
II n’eut même pas fini de parler que Fayadila ne l’écoutait déjà plus. Un nouveau client venait d’entrer, un habitué surement, à qui elle faisait déjà du charme. Frustré, celui-ci se recroquevilla dans son siège pensant à comment il allait attirer une nouvelle fois l’attention de la jeune femme. Pendant ce temps, Fayadila était allée servir le nouveau venu, qui semblait beaucoup l’apprécier.
-C’est bien ma petite Fayadila, c’est comme ça que j’aime que tu me serves, dit il en lui tapant les fesses.
Fayadila lui fit la moue tout en cachant un demi-sourire et se retourna. Et ce fut ainsi pendant des heures. Shareef ne savait pas pourquoi il attendait là comme un idiot alors qu’il avait été éconduit et il venait de se rendre compte que cette fille n’était vraiment pas fréquentable. Tellement d’hommes l’avaient peloté ce soir qu’il avait arrêté de compter. Et dire qu’elle lui avait paru toute innocente, se dit-il en se massant les tempes, sentant déjà poindre une migraine. Toutefois, celui-ci ne se découragea pas et se mit même à manipuler son téléphone pour ne pas voir le temps passer. Lorsque l’heure de la fermeture arriva, il était le seul à être assis, pendant que Fayadila rangeait les dernières chaises du bar. C’est avec agacement qu’elle le découvrit encore dans la pièce.
-Je vous raccompagne ? lui demanda t-il.
-Non, je n’ai pas encore fini de travailler moi. Rentrez chez vous et laissez-moi tranquille.
Eludant sa réponse, il continua sur sa lancée
-Travailler ? à cette heure ? et vous faites quoi comme second travail ?
Levant les yeux au ciel, contenant avec peine son agacement elle répondit tout de même.
-Je bosse dans un strip club.
-Comme serveuse ? demanda t-il tout en sachant d’avance qu’elle lui réservait quelque chose de bien pire.
-Non. Comme stripteaseuse, Mr..
-Shareef.
-Très bien Mr Shareef. Je dois m’en aller là. Sur ce, bonne soirée. Elle partait déjà et Shareef sentant qu’il était en train de perdre la partie joua sa dernière carte.
-Combien vous voulez ?
Se retournant lentement, elle le regarda avec sérieux pour la première fois. Il était grand, et très athlétique. Elle pouvait voir d’ici ses muscles saillants sous sa chemise en soie blanche. Il avait une barbe de trois jours, mais des cheveux coupés très ras, signe qu’il prenait soin de lui mais voulait garder une allure décontractée. Il était beau pensa t’elle. Un peu vieux mais beau. Et il avait l’air d’avoir les moyens. Alors, pourquoi un homme comme lui avait à la payer pour avoir une nuit ? Etait- il de ces gens qui croyaient qu’on peut tout avoir avec de l’argent ? Satisfaisait-il un fantasme ? Pas qu’elle soit une petite sainte nitouche, et dieu seul sait que cet argent la sauverait de bien des tracas, mais son intuition lui disait de refuser tout ce qui serait lié de près ou de loin à cet homme. Et son intuition, elle y croyait dur comme fer.
-Je vais vous le répéter pour la dernière fois. Je suis barmaid, et stripteaseuse, pas prostituée, ok ? On ne me paye pas pour faire l’amour, si je veux le faire, je le fais et c’est tout. Mettez votre argent là où je le pense. Bye. Elle tourna les talons, décidée à clore une fois pour toute cette discussion qui commençait vraiment à la fatiguer.
-Attendez, hey. C’est la danse privée que je vous paye. Je suis désolé si vous avez cru que.. et puis zut. Donnez-moi l’adresse de ce strip club et je vous retrouve la bas. Attendez !
Elle avait déjà disparu au coin de la rue. Shareef se mit à courir vers sa voiture. Il n’allait pas la laisser s’échapper comme ça.
-Moises, combien y a-t-il de strip club dans ce quartier ? demanda t’il à son chauffeur.
Ce dernier leva un sourcil interrogateur vers son patron. Il travaillait pour lui depuis de nombreuses années mais n’arrivait toujours pas à comprendre comment il pouvait être aussi impulsif des fois. Il se contenta néanmoins de répondre.
-Sept ou huit monsieur. Mais si vous cherchez celui ou travaille Fayadila, c’est le Southfork inn.
-Fayadila ? Vous la connaissez ?
-Tout le monde la connait monsieur, dit-il en rougissant. Elle fricote avec la moitié des hommes de la ville. Monsieur, si je peux me permettre…
-Accompagnez moi la bas alors. Dit-il d’un ton sans appel.
-Oui, Mr Kingsley.
Si vous avez trouvé le décor du bar 136 miteux, alors, le Southfork inn ne vous paraîtra que plus pittoresque, tout en gardant un certain genre de dignité. Haut en couleur, ce club de striptease était l’un des huit les plus connus du monde, et tout le gratin du Sangala venait la : depuis les riches hommes d’affaires, jusqu’au petit étalagiste de bas étage. Bien entendu, les prix variaient en fonction de cette clientèle, de même que les filles qui étaient présentées. Shareef pénétra dans ce qu’il aurait qualifié d’entre au vice et à la tentation. Jeux de lumières  rouge, vert et bleu, la fumée se mêlaient à la perfection à la musique qui jouait en sourdine. Sur sa gauche se tenait une très longue table digne de celle des années du moyen âge elle aussi décorée dans les tons de la soirée bien sur, autour de laquelle n’étaient assis que des hommes en costumes qui regardaient avidement les danseuses. On aurait dit qu’ils étaient envoutés, tant ils étaient subjugués par cette chaleur que celles-ci dégageaient. Pendant ce temps, les stripteaseuses donnaient leur spectacle sur une barre en inox brillante. Celle qui était actuellement sur scène s’appelait Maya- il l’avait su parce que la foule en délire scandait son nom -  et avait l’équivalent du salaire d’une personne sur ses reins, que ses dessous en dentelle rouge avaient bien serrés. Il découvrit enfin sur sa droite des escaliers, qui devaient mener aux vestiaires des danseuses. Il se rua alors vers cette brèche, Moises sur ses talons. Une fois devant la porte, il croisa deux énormes gardes du corps qui étaient devant  la porte. Moises hésitant, demanda à son patron.
-Mr vous êtes sur que…
-Ne t’inquiète pas Moises, je gère.
Il se planta devant l’un des deux et lui chuchota quelque chose à l’oreille tout en lui tendant une liasse de billets bien conséquente. Celui-ci s’effaça aussitôt et le laissa entrer sans un mot. Soulagé, celui-ci entra dans le vestiaire à demi éclairé, dans lequel se trouvait une dizaine de filles se maquillant, s’apprêtant pour le prochain spectacle. Et puis elle sortit de sa cabine et il la vit. Pour la seconde fois de la journée, son cœur fit une embardée spectaculaire dans sa poitrine. Elle était moins habillée que ce matin, mais cela ne gâchait rien à sa beauté, oh que non. Elle était vêtue d’une sorte de maillot de bain une pièce qui ne couvrait que la face de son corps et encore, ne couvrait que partiellement ses seins de part et d’autre tout en laissant le ventre plat puis se refermait au niveau des hanches en un V. Cette tenue on ne peut plus aguichante  était dans les couleurs du drapeau américain et était accompagnée d’un chapeau de cowboy, ainsi que de bottes pour terminer le tout.
-Encore vous ? demanda t-elle. Vous me suivez ou quoi ? et qui vous a laissé entrer ici nom de dieu ?
La buvant du regard, celui-ci ne l’entendit même pas. Des centaines d’images de fantasmes tournoyaient dans sa tête, et il commençait déjà à se sentir très à l’étroit dans son pantalon.
-Hey ! vous êtes sourd ? c’est le vestiaire des danseuses ici. Qu’est ce que vous faites ici ?
-Vous vous êtes enfuie en courant, lui répondit-il en reprenant ses esprits. Je voulais vous payer une danse privée.
-Vous ferez mieux de rentrer chez vous. Vous avez surement une femme qui doit s’inquiéter de ne pas vous avoir vu de la journée. Vous avez l’air de quelqu’un de bien alors je vais vous le dire gentiment : arrêter de me faire chier et de me suivre, ça devient énervant à la fin.
Face à cette pique, Shareef retrouva de sa superbe et la toisa avec dédain. Il était un Kingsley, et il ne laisserait personne lui marcher sur les pieds, encore moins cette petite gamine qui se prenait pour le nombril de la terre.
-Arrête de faire la sainte nitouche, parce que tes vêtements, et tout ce maquillage ne se prêtent à ça, ok ? je ne suis ni ton ami, ni ton petit ami, encore moins ton amant. Quand je viens ici, c’est pour mon plaisir et quand je paye pour avoir du plaisir, je préfèrerais que tu fermes ta petite gueule et que tu t’exécutes. Tu es une stripteaseuse non ? eh bien fais ton travail ! Plus jamais tu ne prononces un mot en rapport avec ma famille. Maintenant, si ça ne te dérange pas, je vais m’asseoir tranquillement dans ce fauteuil et attendre que tu viennes. J’ai perdu assez de temps. Sache également que ce que je vais te donner va représenter le double, voire le triple de ce que tu gagneras pendant à peu près 10 soirées. Alors à toi de choisir. C’est la dernière fois que je te le demande.
Fayadila hésita un instant. Comment après ce qu’il venait de lui dire, elle pouvait encore avoir envie de danser pour lui ? Psychologie inversée me direz vous. En tous cas, après lui avoir parlé sur ce ton avec une voix rauque qui dissimulait un air suppliant, elle avait senti naitre une chaleur au creux de son ventre. Une chaleur qu’elle ne connaissait que trop ; elle avait vraiment envie de cette homme. Là, tout de suite, brutalement, sauvagement. Le problème c’est qu’elle trouvait ça trop facile. Il voulait une danse ? il en aurait une.
Elle vint le trouver là ou il était assis et lui dit
-C’est d’accord pour la danse. Mais selon mes règles.
Elle se mit alors près de lui et lui attacha les mains dans le dos avec une corde, pas très serrée mais suffisant pour le maintenir dix bonnes minutes en état de captivité. Elle le fit se lever ensuite et l’installa sur une chaise. Elle partit ensuite dans le fond de la pièce et mis de la musique. Contre toute attente, elle venait de mettre Wrecking ball de Miley Cirus. Shareef était très étonné de ce choix musical, il s’imaginait une chanson des plus bruyantes ou celle des shippendales mais pas celle la.   De toutes façons, se dit il, il avait déjà eu son lot de surprises avec elle, alors que ce soit cette chanson la ou une autre, il s’en foutait au plus haut point. Le plus important était de s’intéresser à ce qui allait suivre. Le visage de Fayadila avait changé, comme si elle s’était transformée en quelqu’un d’autre, lorsqu’elle dansait, elle entrait tellement dans le personnage que ça en devenait effrayant. Elle n’était plus à présent qu’un masque sexy et démoniaque de sensualité, et ce n’était qu’au grand plaisir de Shareef, elle tournait autour de lui, tout en tournant les reins au rythme de la musique, sans le toucher. Elle se caressait, et ajoutait même des petits sons rauques pour caler l’ambiance. Elle dansa ainsi pendant deux minutes puis enleva son maillot par le haut tout doucement. Ses seins se dressaient fièrement devant elle, n’étant plus recouverts que par des bouts de tissus sur les tétons. Elle lança un regard fiévreux à Shareef et s’approcha maintenant de lui. Elle s’arrêta à mis hauteur de lui, lui donnant un spectacle insoutenable de ses seins sur son visage. Shareef riva son regard au sien et se prêta au jeu qu’il semblait vraiment apprécier, elle commença à onduler devant lui comme une possédée, puis s’assis sur les cuisses et roula encore des reins, faisant des vas et viens en allant de ses cuisses à son bas ventre. Elle se cambra et posa sa tête sur ses épaules tout en continuant sa douce torture. Shareef faisait tout pour ne pas craquer. Il ne tenait vraiment plus, et ces cordes l’empêchaient de bouger. Il avait envie de la toucher, de la sentir. Il se remua sur la chaise, d’impatience.
-Chuuut, lui susurra t-elle, je viens à peine de commencer…
Elle se leva brusquement et s’assit cette fois en face de lui et fit un grand écart. Puis, l’entourant de ses cuisses, elle  continua de le caresser de plus belle.  Shareef ne regardait que sa bouche. En effet, elle avait formé un O avec sa bouche pour pouvoir respirer. Shareef laissa vagabonder ses idées, imaginant tout ce que cette bouche aurait pu faire à des parties génitales qu’il n’oserait pas nommer ici. Elle se leva encore et lui planta cette fois ses fesses rebondies dans le visage. La musique tirait dangereusement à sa fin, et Fayadila enleva complètement son maillot. Il ne lui restait plus qu’un string rouge sang et les deux petits tissus qui lui couvraient les tétons. Elle vint à lui et le libéra des cordes qui le maintenaient. Shareef était si content qu’il en aurait dansé de joie. Enfin, il allait pouvoir agir ! Son membre était si gonflé dans son pantalon qu’on avait l’impression qu’il allait exploser. Restant toujours assis, il lui retira lentement le string tout en veillant en même temps à lui caresser les cuisses. Fayadila étouffa un gémissement. Et c’est à ce moment que les dernières notes de Miley Cirus se firent dans la pièce.
Reprenant aussitôt ses esprits, et se maudissant de s’être emportée de la sorte, celle-ci se dégagea de lui, regarda sa montre.
-La danse est terminée. Ça vous fera 300$.
Shareef, descendait lentement du voyage qu’il avait fait avec elle. Ahuri, comme anesthésié, il faisait d’énormes efforts pour sortir de sa torpeur. Il avait les yeux fermés, avait trop honte de voir son visage face au spectacle qu’il lui offrait. Il avait tellement mal au bas ventre qu’il avait de la peine à se lever de la chaise. Il se leva quand même, lui remit 1000$ et passa devant elle, sans un mot, referma doucement la porte du vestiaire comme s’il n’y était jamais entré. Fayadila resta la, frissonnante. Repassant la scène dans sa tête, encore et encore.
Il était à peu près 2h du matin quand Shareef rentra enfin à la maison. Il y pénétra sans vraiment la voir, marchant comme un automate, pressé de prendre une douche bien froide avant d’aller se coucher. Il ne savait que penser à propos de cette Fayadila. C’est lorsqu’il arriva à la porte de sa douche qu’il entendit une voix derrière lui.
-Tu es encore allé boire, n’est ce pas ? demanda Sharon. Tu es encore sorti avec ces filles ? est ce qu’au moins tu t’es protégé ?
-Arrête Sharon, arrête. Je suis fatigué, je veux juste prendre ma douche et dormir.
-Non je ne peux pas arrêter Shareef. Je n’en peux plus. Qu’est ce qui nous est arrivé Shareef ? Pourquoi tout est devenu si vide, amer ? Si tu faisais au moins un effort pour ne pas fourrer ton sexe un peu partout, peut être qu’on aurait déjà eu un fils.
-Ne m’insulte pas. Et puis ce n’est pas ma faute si tu as l’utérus dur comme de la pierre et que tu es incapable d’enfanter. Je suis allé me changer les idées, point. Si tu as envie de faire pareil, je t’en prie, fais-le. Mais cesse de m’importuner la.
-Bravo, répondit-elle en tapant des mains. T’as trouvé ça tout seul ? tu as quoi ,15 ans ?  Nous sommes au 21e siècle mon cher, et qui me dit que ce n’est pas plutôt toi le stérile qui nous empêche d’avancer ? Comment pourrions-nous le savoir si  tu ne  fais pas d’analyses ?
Shareef soupira et entra dans la douche. Il souffrait vraiment et se sentait mal pour sa femme. Il savait que ce n’était pas de sa faute, mais n’arrivait plus à l’émouvoir. Dans les premières années de leur mariage, tout était pourtant si bien. Et puis les années avaient passé, et ils n’avaient toujours pas d’enfants, Sharon avait changé alors. Il savait qu’elle n’était plus heureuse avec lui depuis longtemps et portait ce mariage comme une croix, mais pour une raison qui lui était inconnue, elle restait toujours. Le jet d’eau froide coula sur sa tête et glissa progressivement le long de son dos. Lorsqu’il eut fini de prendre sa douche, il alla dans sa chambre et remarqua que Sharon n’y était plus. Réprimant un soupir plus triste que le précédent, il se coucha et ferma doucement les yeux.


Le lendemain passa comme un éclair. Tout l’attrait de la soirée dissipé, Shareef alla comme tous les matins à son bureau, accompagné de  Moises. Lorsqu’il arriva à une station service, moises sortit faire le plein pendant qu’il attendait patiemment dans la voiture. Au moment de payer, il porta la main à sa veste pour prendre son portefeuille mais ne toucha qu’une poche vide. Il ne se rappelait pas avoir déposé son portefeuille sur sa table de chevet, encore moins l’avoir laissé au salon. Puis la scène d’hier lui repassa en mémoire. Il revit Fayadila sur lui, le caressant. Il se rappela lui avoir donné l’argent mais pas de son portefeuille. La scène lui revint avec plus d’acuité et il vit les mains de celle-ci se balader beaucoup sur ses poches maintenant qu’il y pensait.
-Eh merde. Dit-il tout haut.
Cette salope lui avait volé son portefeuille. C’était à peine croyable. Il lui avait remit 1000$ cash mais cela ne lui suffisait pas. Il fallait qu’elle le vole par-dessus le marché. Enervé, et honteux de s’être fait avoir comme un écolier, il ordonna à Moises de l’emmener au plus vite au bar 136 afin de récupérer son portefeuille et lui dire bien en face sa manière de penser. Lorsqu’il arriva dans le bar, il venait à peine d’ouvrir. Mais toutes les serveuses étaient déjà la. Lorsqu’il demanda où se trouvait Fayadila, on lui répondit qu’elle était malade et qu’elle ne viendrait pas aujourd’hui. A la question de savoir si quelqu’un savait où elle habitait, personne ne répondit. Il ressortit en flèche du bar et s’adossa à sa voiture et essaya de réfléchir posément. Comme à chaque fois qu’il était nerveux, il touchait sa bague de mariage et la tournait pendant des heures. Mais là aussi, c’est son annulaire seule qu’il toucha.
-Merde, merde et merde !!!!
C’est à ce moment qu’il se rendit compte que non seulement Fayadila avait pris son  argent, ainsi que toutes les cartes de visites dont il aurait besoin, mais pire, il avait, avant de l’aborder, retiré sa bague de mariage et l’avait mise dans son portefeuille pour pouvoir la reporter une fois à la maison. Et si Sharon le remarquait et qu’elle en parlait à son père, il pouvait dire adieu au poste tant convoité de PDG… 

1 commentaire:

  1. I am impatient to read the second part. It is very attractive.
    Well done!
    Yannick

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