Prince avait réunit ses deux enfants dans son immense bureau en
marbre et ses meubles vernis, celui dans lequel il ne les conviait que
lorsqu’il y avait des décisions importantes pour l’entreprise. Il était assis
comme à son habitude dans son grand fauteuil en cuir –cadeau de sa défunte
femme- qu’il ne quittait jamais. Il avait allumé un cigare en attendant ses
enfants. Il était arrivé trente minutes avant la rencontre, mais cela ne le gênait
pas. Il aimait le silence de cette pièce, qui lui permettait de réfléchir.
Prince Kingsley était le PDG d’une entreprise dans un petit Etat à côté du
Nigéria qui s’appelait le Sangala. Il commercialisait du vin de palme depuis
maintenant 25 ans, était propriétaire de multiples complexes hôteliers dans le
monde entier, et avait des actions dans de nombreuses entreprises de la place.
Il avait de l’argent, beaucoup d’argent. Pourtant, il avait cette amertume qui
ne le quittait pas. Pas parce qu’il avait raté sa vie, loin de la, mais parce
qu’il était passé à côté de tellement de choses, à cause de sa passion pour son
travail. Il avait éloigné sa famille de lui sans le vouloir et lorsque sa femme
s’était suicidée, il avait pris brutalement conscience que sa famille
s’effondrait. A 60 ans, il n’était toujours pas heureux, et avait l’impression
qu’il lui manquait quelque chose. Rejetant de la fumée par la bouche, il fixa
sans le voir l’immense baie vitrée de son bureau. Il avait depuis ce temps tout
tenté pour remettre sa famille sur les rails et la rendre plus unie. Et
aujourd’hui, plus que jamais, il allait faire bouger les choses.
-Papa ? Appela James depuis le fond du bureau. Je peux
entrer ?
-Oui mon fils entre. Où est Shareef ?
-Je ne sais pas, et je ne veux pas le savoir, répondit James
sans autre forme de procès. Commençons sans lui si ça ne te dérange pas, j’ai
du travail.
-Je suis
content que tu aies une conscience professionnelle, mais c’est moi ton patron
de toute façon. Et j’ai tenu à ce que vous soyez là tous les deux pour entendre
ce que j’ai à vous dire. Alors, attends ton, frère.
James, se renfrogna aussitôt et s’assit brusquement dans le
fauteuil en face de son père. Il n’aimait vraiment pas la façon dont son père
le traitait. Il avait pourtant tout fait pour lui plaire et en avait vraiment
mare de lécher les bottes. Près d’un mois maintenant que Prince avait
annoncé à toute l’entreprise qu’il se faisait vieux et qu’il allait trouver un
nouveau successeur. Tout le monde avait immédiatement pensé à lui, puisque
c’était l’aîné. Mais tout se passait comme si son père avait changé d’avis le
concernant et ce n’était vraiment pas pour lui plaire. De plus, il ne
comprenait pas pourquoi son père tenait tant à ce que son inconscient de frère
participe aussi à la réunion. Shareef était tout ce qu’il y avait de plus
libertin. Ce qui était paradoxal, puisqu’il s’était marié. Il n’était jamais
sérieux et ne s’intéressait à l’entreprise que parce qu’elle constituait une
source de revenus pour lui. Alors que James lui était passionné, il adorait son
travail. Avec un long soupir, il fixa sa montre énervé. Shareef arriva enfin.
Sans saluer ni son père ni son frère, il s’assit directement sur une chaise non
loin de la et s’adressa à son père :
-Alors ?
qu’est ce qu’il ya papa ? tu voulais nous voir ?
Levant les yeux au ciel, James resta silencieux, essayant de
conserver sa colère pour lui. Il n’arrivait vraiment plus à supporter la
désinvolture de son frère. Vivement qu’il devienne le nouveau PDG et qu’il
puisse virer son cul de l’entreprise pensa t’il. Prince se leva et fixa
sérieusement ses deux enfants tout en leur parlant
- Comme vous le savez tous les deux, je me fais vieux. J’ai
besoin d’un successeur, et je ne sais pas si l’un de vous a l’étoffe d’un PDG.
Je tiens beaucoup à cette compagnie et je ne peux pas la laisser entre les
mains de n’importe qui. Voilà pourquoi j’ai décidé que si je devais
confier ce poste à l’un d’entre vous, il fallait m’assurer que celui-ci ait le
sens des responsabilités.
-Attends, tu ne vas pas nous mettre en compétition papa, ce
n’est pas vrai ! éclata James. Tu ne vas pas me comparer à ce demeuré
toute ma vie, je suis le plus âgé bon sang, je fais nettement plus de profits
et tu le sais ! alors pourquoi ne pas arrêter ces jeux ridicules et me
désigner comme PDG ?
Prince lança un regard dur à son fils aîné. Il se sentit triste
intérieurement. Ils n’avaient vraiment rien compris, pensa t-il.
-Que ce soit clair, lui assena t-il. Cette société est la
mienne. La mienne tu entends ? et je ne me fonde pas sur des critères de
famille pour choisir mes employés. Le fait d’être mon fils ne te rendra pas
plus apte à ce poste. Tu es très loin d’avoir le sens des responsabilités. Tu
fais quoi lorsque tu as fini ton travail ? tu vas dans des bars n’est
ce pas ? tu n’as même pas quelqu’un dans ta vie. Ni femme, ni enfant. Et
toi Shareef, tu n’es même pas capable de te comporter en homme marié. Tu te
disputes tout le temps avec ta femme et je n’ai toujours pas de petit fils.
Croyez-moi, Je n’aurai aucun scrupule à nommer un étranger PDG de cette
entreprise et ce sera un plaisir de le donner à quelqu’un qui le mérite
vraiment. Je vous donne six mois. Celui qui remplira ma condition sera nommé
PDG. Je me fiche de la manière dont vous vous y prendrez.
Shareef qui était resté silencieux jusque là lui répondit
-Qu’est
ce qui arrivera si à la fin de cette période, on a tous les deux une famille et
des enfants ?
Son père lui sourit, se grata la barbe et lui répondit :
J’aviserai à ce moment la. Mais je suis pratiquement certain que ça n’arrivera
pas. Sur ce, sortez de mon bureau. J’en ai fini avec vous. Les deux fils se
levèrent en silence et quittèrent le bureau, laissant Prince à nouveau seul.
Il était encore tôt, mais Shareef décida d’annuler tous ses rendez
vous de la journée pour prendre l’air. Les paroles de son père l’avaient
vraiment atteint. Il se sentait vraiment mal que son père le prenne pour un
irresponsable. Que ce soit James encore cela passait mais là il avait vu dans
le regard de son père une déception qui lui avait fendu le cœur. Il voulait
vraiment que celui-ci soit fier de lui. Et puis, était-ce sa faute si lui et
Sharon n’arrivaient pas à avoir d’enfants ? Les gens n’avaient aucune idée
de la frustration qu’il ressentait. Son couple battant de l’aile, que
pouvait-il faire d’autre à part aller boire et essayer d’oublier ? En tous
cas, il ferait tout pour avoir ce poste lui aussi. Pour leur montrer sa valeur.
Il n’avait vraiment pas envie de rentrer se dit il.
-Dépose moi au Bar 136 Moises, ordonna t-il à son chauffeur
qui était aussi son garde du corps le plus fidèle.
-Oui Mr
Kingsley.
Le bar 136 était un bar miteux de son ancien quartier. Il y allait
depuis qu’il était adolescent. Il aimait y aller pour se ressourcer, mais aussi
pour garder le contact avec son ancienne vie. Ils n’avaient pas toujours été
riches. Ils avaient même eu de gros problèmes d’argent par le passé. Alors ce
bar, c’était le moyen qu’il avait trouvé pour garder ses pieds ancrés à la
réalité. Le bar avait changé depuis ; de nouveaux décors pour attirer une
clientèle plus jeune, de nouveaux serveurs, et même une connexion wifi. Il
était tout à ses pensées quand son regard se figea devant une barmaid. Elle
parlait avec une autre barmaid et avait éclaté de rire. Le sang de Shareef ne
fit qu’un tour. Les dents de cette fille étaient si blanches qu’on aurait
dit qu’elles captaient toute la lumière de la pièce. Elle avait des traits
fins, un visage en cœur, des yeux en amande et une bouche à damner un moine.
Elle avait un teint noir propre aux femmes africaines, et des formes
généreuses. Shareef la regarda longtemps, très longtemps. Elle état tout
simplement appétissante, pensa t-il. Son instinct de mâle refit aussitôt
surface. Il fallait qu’il parle à cette fille. Il fallait qu’elle soit sienne,
et il fallait qu’elle le soit ce soir…
Elle avait fini de parler et s’était retournée à son comptoir.
Shareef profita du moment qu’elle était seule et s’approcha d’elle. Il
s’extasia encore plus du spectacle maintenant qu’il se trouvait en face d’elle.
En plus d’être belle, elle dégageait une aura sexuelle si forte, qu’il en avait
le souffle coupé. Il ne pouvait pas dire un mot, ni respirer. Il n’avait pas
ressenti ça depuis très longtemps.
-Je vous veux, réussi t-il a dire. Malheureusement pour lui,
Il était trop tard quand il se rendit compte qu’en fait, il avait pensé tout
haut.
Fayadila pencha la tête sur le côté, laissant découvrir dans son
cou un tatouage d’araignée –on aurait dit que celle-ci allait la piquer- et lui
demanda, comme si elle n’avait pas entendu.
-Pardon ? vous voulez boire quelque chose ?
-Je vous
veux, répéta t-il.
Ça sonnait vraiment débile dit de cette manière, mais c’était les
seuls mots qui lui venaient à l’esprit. C’était comme si tous les mots qu’il
connaissait avaient disparu de son vocabulaire, ne laissant qu’un vide sidéral
dans son esprit déjà troublé.
Ecarquillant les
yeux, elle éclata de rire cette fois. Shareef se sentait vraiment bête. Et dire
qu’il avait dit ça tout haut. Lorsqu’elle se fut calmée, son visage se
rembrunit et c’est avec dureté qu’elle lui répondit
-Dégage
de la. J’ai du travail. Si tu es trop bourré, rentre chez toi. Et si tu ne l’es
pas assez, commande une boisson et ce sera avec plaisir que je te servirai.
Sinon, ce sont les videurs qui vont gentiment te raccompagner.
Shareef tombait des
nues ; là sa fierté en prenait vraiment un coup. Mais pour qui se prenait
elle, à lui parler de la sorte ? Savait-elle au moins à qui elle avait
affaire ? D’un autre côté, son approche n’avait pas été très
judicieuse et il comprenait bien que trop sa réponse méfiante. Il décida de
changer d’angle d’attaque.
-Vous
avez raison, je me suis mal exprimé, je suis..
II n’eut même pas fini de parler que Fayadila ne l’écoutait déjà
plus. Un nouveau client venait d’entrer, un habitué surement, à qui elle
faisait déjà du charme. Frustré, celui-ci se recroquevilla dans son siège
pensant à comment il allait attirer une nouvelle fois l’attention de la jeune
femme. Pendant ce temps, Fayadila était allée servir le nouveau venu, qui
semblait beaucoup l’apprécier.
-C’est
bien ma petite Fayadila, c’est comme ça que j’aime que tu me serves, dit il en
lui tapant les fesses.
Fayadila lui fit la moue tout en cachant un demi-sourire et se
retourna. Et ce fut ainsi pendant des heures. Shareef ne savait pas pourquoi il
attendait là comme un idiot alors qu’il avait été éconduit et il venait de se
rendre compte que cette fille n’était vraiment pas fréquentable. Tellement
d’hommes l’avaient peloté ce soir qu’il avait arrêté de compter. Et dire
qu’elle lui avait paru toute innocente, se dit-il en se massant les tempes,
sentant déjà poindre une migraine. Toutefois, celui-ci ne se découragea pas et
se mit même à manipuler son téléphone pour ne pas voir le temps passer. Lorsque
l’heure de la fermeture arriva, il était le seul à être assis, pendant que
Fayadila rangeait les dernières chaises du bar. C’est avec agacement qu’elle le
découvrit encore dans la pièce.
-Je vous raccompagne ? lui demanda t-il.
-Non, je
n’ai pas encore fini de travailler moi. Rentrez chez vous et laissez-moi
tranquille.
Eludant sa réponse, il continua sur sa lancée
-Travailler ?
à cette heure ? et vous faites quoi comme second travail ?
Levant les yeux au ciel, contenant avec peine son agacement elle
répondit tout de même.
-Je bosse dans un strip club.
-Comme serveuse ? demanda t-il tout en sachant d’avance
qu’elle lui réservait quelque chose de bien pire.
-Non. Comme stripteaseuse, Mr..
-Shareef.
-Très bien Mr Shareef. Je dois m’en aller là. Sur ce, bonne
soirée. Elle partait déjà et Shareef sentant qu’il était en train de perdre la
partie joua sa dernière carte.
-Combien vous voulez ?
Se retournant lentement, elle le regarda avec sérieux pour la
première fois. Il était grand, et très athlétique. Elle pouvait voir d’ici ses
muscles saillants sous sa chemise en soie blanche. Il avait une barbe de trois
jours, mais des cheveux coupés très ras, signe qu’il prenait soin de lui mais
voulait garder une allure décontractée. Il était beau pensa t’elle. Un peu
vieux mais beau. Et il avait l’air d’avoir les moyens. Alors, pourquoi un homme
comme lui avait à la payer pour avoir une nuit ? Etait- il de ces gens qui
croyaient qu’on peut tout avoir avec de l’argent ? Satisfaisait-il un
fantasme ? Pas qu’elle soit une petite sainte nitouche, et dieu seul sait
que cet argent la sauverait de bien des tracas, mais son intuition lui disait
de refuser tout ce qui serait lié de près ou de loin à cet homme. Et son
intuition, elle y croyait dur comme fer.
-Je vais vous le répéter pour la dernière fois. Je suis
barmaid, et stripteaseuse, pas prostituée, ok ? On ne me paye pas pour
faire l’amour, si je veux le faire, je le fais et c’est tout. Mettez votre
argent là où je le pense. Bye. Elle tourna les talons, décidée à clore une fois
pour toute cette discussion qui commençait vraiment à la fatiguer.
-Attendez,
hey. C’est la danse privée que je vous paye. Je suis désolé si vous avez cru
que.. et puis zut. Donnez-moi l’adresse de ce strip club et je vous retrouve la
bas. Attendez !
Elle avait déjà
disparu au coin de la rue. Shareef se mit à courir vers sa voiture. Il n’allait
pas la laisser s’échapper comme ça.
-Moises, combien y a-t-il de strip club dans ce
quartier ? demanda t’il à son chauffeur.
Ce dernier leva un sourcil interrogateur vers son patron. Il
travaillait pour lui depuis de nombreuses années mais n’arrivait toujours pas à
comprendre comment il pouvait être aussi impulsif des fois. Il se contenta
néanmoins de répondre.
-Sept ou huit monsieur. Mais si vous cherchez celui ou
travaille Fayadila, c’est le Southfork inn.
-Fayadila ? Vous la connaissez ?
-Tout le monde la connait monsieur, dit-il en rougissant.
Elle fricote avec la moitié des hommes de la ville. Monsieur, si je peux me
permettre…
-Accompagnez moi la bas alors. Dit-il d’un ton sans appel.
-Oui, Mr
Kingsley.
Si vous avez trouvé le décor du bar 136 miteux, alors, le
Southfork inn ne vous paraîtra que plus pittoresque, tout en gardant un certain
genre de dignité. Haut en couleur, ce club de striptease était l’un des huit
les plus connus du monde, et tout le gratin du Sangala venait la : depuis
les riches hommes d’affaires, jusqu’au petit étalagiste de bas étage. Bien
entendu, les prix variaient en fonction de cette clientèle, de même que les
filles qui étaient présentées. Shareef pénétra dans ce qu’il aurait qualifié
d’entre au vice et à la tentation. Jeux de lumières rouge, vert et bleu,
la fumée se mêlaient à la perfection à la musique qui jouait en sourdine. Sur
sa gauche se tenait une très longue table digne de celle des années du moyen
âge elle aussi décorée dans les tons de la soirée bien sur, autour de laquelle
n’étaient assis que des hommes en costumes qui regardaient avidement les
danseuses. On aurait dit qu’ils étaient envoutés, tant ils étaient subjugués
par cette chaleur que celles-ci dégageaient. Pendant ce temps, les
stripteaseuses donnaient leur spectacle sur une barre en inox brillante. Celle
qui était actuellement sur scène s’appelait Maya- il l’avait su parce que la
foule en délire scandait son nom - et avait l’équivalent du salaire d’une
personne sur ses reins, que ses dessous en dentelle rouge avaient bien serrés.
Il découvrit enfin sur sa droite des escaliers, qui devaient mener aux
vestiaires des danseuses. Il se rua alors vers cette brèche, Moises sur ses
talons. Une fois devant la porte, il croisa deux énormes gardes du corps qui
étaient devant la porte. Moises hésitant, demanda à son patron.
-Mr vous êtes sur que…
-Ne t’inquiète pas Moises, je
gère.
Il se planta devant l’un des deux et lui chuchota quelque chose à
l’oreille tout en lui tendant une liasse de billets bien conséquente. Celui-ci
s’effaça aussitôt et le laissa entrer sans un mot. Soulagé, celui-ci entra dans
le vestiaire à demi éclairé, dans lequel se trouvait une dizaine de filles se
maquillant, s’apprêtant pour le prochain spectacle. Et puis elle sortit de sa
cabine et il la vit. Pour la seconde fois de la journée, son cœur fit une
embardée spectaculaire dans sa poitrine. Elle était moins habillée que ce
matin, mais cela ne gâchait rien à sa beauté, oh que non. Elle était vêtue d’une
sorte de maillot de bain une pièce qui ne couvrait que la face de son corps et
encore, ne couvrait que partiellement ses seins de part et d’autre tout en
laissant le ventre plat puis se refermait au niveau des hanches en un V. Cette
tenue on ne peut plus aguichante était dans les couleurs du drapeau
américain et était accompagnée d’un chapeau de cowboy, ainsi que de bottes pour
terminer le tout.
-Encore
vous ? demanda t-elle. Vous me suivez ou quoi ? et qui vous a laissé
entrer ici nom de dieu ?
La buvant du regard, celui-ci ne l’entendit même pas. Des
centaines d’images de fantasmes tournoyaient dans sa tête, et il commençait
déjà à se sentir très à l’étroit dans son pantalon.
-Hey ! vous êtes sourd ? c’est le vestiaire des
danseuses ici. Qu’est ce que vous faites ici ?
-Vous vous êtes enfuie en courant, lui répondit-il en
reprenant ses esprits. Je voulais vous payer une danse privée.
-Vous
ferez mieux de rentrer chez vous. Vous avez surement une femme qui doit
s’inquiéter de ne pas vous avoir vu de la journée. Vous avez l’air de quelqu’un
de bien alors je vais vous le dire gentiment : arrêter de me faire chier
et de me suivre, ça devient énervant à la fin.
Face à cette pique,
Shareef retrouva de sa superbe et la toisa avec dédain. Il était un Kingsley,
et il ne laisserait personne lui marcher sur les pieds, encore moins cette
petite gamine qui se prenait pour le nombril de la terre.
-Arrête
de faire la sainte nitouche, parce que tes vêtements, et tout ce maquillage ne
se prêtent à ça, ok ? je ne suis ni ton ami, ni ton petit ami, encore
moins ton amant. Quand je viens ici, c’est pour mon plaisir et quand je paye
pour avoir du plaisir, je préfèrerais que tu fermes ta petite gueule et que tu
t’exécutes. Tu es une stripteaseuse non ? eh bien fais ton travail !
Plus jamais tu ne prononces un mot en rapport avec ma famille. Maintenant, si
ça ne te dérange pas, je vais m’asseoir tranquillement dans ce fauteuil et
attendre que tu viennes. J’ai perdu assez de temps. Sache également que ce que
je vais te donner va représenter le double, voire le triple de ce que tu
gagneras pendant à peu près 10 soirées. Alors à toi de choisir. C’est la
dernière fois que je te le demande.
Fayadila hésita un instant. Comment après ce qu’il venait de lui
dire, elle pouvait encore avoir envie de danser pour lui ? Psychologie
inversée me direz vous. En tous cas, après lui avoir parlé sur ce ton avec une
voix rauque qui dissimulait un air suppliant, elle avait senti naitre une
chaleur au creux de son ventre. Une chaleur qu’elle ne connaissait que
trop ; elle avait vraiment envie de cette homme. Là, tout de suite,
brutalement, sauvagement. Le problème c’est qu’elle trouvait ça trop facile. Il
voulait une danse ? il en aurait une.
Elle vint le trouver là ou il était assis et lui dit
-C’est d’accord
pour la danse. Mais selon mes règles.
Elle se mit alors
près de lui et lui attacha les mains dans le dos avec une corde, pas très
serrée mais suffisant pour le maintenir dix bonnes minutes en état de
captivité. Elle le fit se lever ensuite et l’installa sur une chaise. Elle
partit ensuite dans le fond de la pièce et mis de la musique. Contre toute
attente, elle venait de mettre Wrecking ball de Miley Cirus. Shareef était très
étonné de ce choix musical, il s’imaginait une chanson des plus bruyantes ou
celle des shippendales mais pas celle la. De toutes façons, se dit
il, il avait déjà eu son lot de surprises avec elle, alors que ce soit cette
chanson la ou une autre, il s’en foutait au plus haut point. Le plus important
était de s’intéresser à ce qui allait suivre. Le visage de Fayadila avait
changé, comme si elle s’était transformée en quelqu’un d’autre, lorsqu’elle
dansait, elle entrait tellement dans le personnage que ça en devenait
effrayant. Elle n’était plus à présent qu’un masque sexy et démoniaque de
sensualité, et ce n’était qu’au grand plaisir de Shareef, elle tournait autour
de lui, tout en tournant les reins au rythme de la musique, sans le toucher.
Elle se caressait, et ajoutait même des petits sons rauques pour caler
l’ambiance. Elle dansa ainsi pendant deux minutes puis enleva son maillot par
le haut tout doucement. Ses seins se dressaient fièrement devant elle, n’étant
plus recouverts que par des bouts de tissus sur les tétons. Elle lança un
regard fiévreux à Shareef et s’approcha maintenant de lui. Elle s’arrêta à mis
hauteur de lui, lui donnant un spectacle insoutenable de ses seins sur son
visage. Shareef riva son regard au sien et se prêta au jeu qu’il semblait
vraiment apprécier, elle commença à onduler devant lui comme une possédée, puis
s’assis sur les cuisses et roula encore des reins, faisant des vas et viens en
allant de ses cuisses à son bas ventre. Elle se cambra et posa sa tête sur ses
épaules tout en continuant sa douce torture. Shareef faisait tout pour ne pas
craquer. Il ne tenait vraiment plus, et ces cordes l’empêchaient de bouger. Il
avait envie de la toucher, de la sentir. Il se remua sur la chaise,
d’impatience.
-Chuuut,
lui susurra t-elle, je viens à peine de commencer…
Elle se leva brusquement et s’assit cette fois en face de lui et
fit un grand écart. Puis, l’entourant de ses cuisses, elle continua de le
caresser de plus belle. Shareef ne regardait que sa bouche. En effet,
elle avait formé un O avec sa bouche pour pouvoir respirer. Shareef laissa
vagabonder ses idées, imaginant tout ce que cette bouche aurait pu faire à des
parties génitales qu’il n’oserait pas nommer ici. Elle se leva encore et lui
planta cette fois ses fesses rebondies dans le visage. La musique tirait
dangereusement à sa fin, et Fayadila enleva complètement son maillot. Il ne lui
restait plus qu’un string rouge sang et les deux petits tissus qui lui
couvraient les tétons. Elle vint à lui et le libéra des cordes qui le
maintenaient. Shareef était si content qu’il en aurait dansé de joie. Enfin, il
allait pouvoir agir ! Son membre était si gonflé dans son pantalon qu’on
avait l’impression qu’il allait exploser. Restant toujours assis, il lui retira
lentement le string tout en veillant en même temps à lui caresser les cuisses.
Fayadila étouffa un gémissement. Et c’est à ce moment que les dernières notes
de Miley Cirus se firent dans la pièce.
Reprenant aussitôt ses esprits, et se maudissant de s’être
emportée de la sorte, celle-ci se dégagea de lui, regarda sa montre.
-La danse
est terminée. Ça vous fera 300$.
Shareef, descendait lentement du voyage qu’il avait fait avec
elle. Ahuri, comme anesthésié, il faisait d’énormes efforts pour sortir de sa
torpeur. Il avait les yeux fermés, avait trop honte de voir son visage face au
spectacle qu’il lui offrait. Il avait tellement mal au bas ventre qu’il avait
de la peine à se lever de la chaise. Il se leva quand même, lui remit 1000$ et
passa devant elle, sans un mot, referma doucement la porte du vestiaire comme
s’il n’y était jamais entré. Fayadila resta la, frissonnante. Repassant la
scène dans sa tête, encore et encore.
Il était à peu près 2h du matin quand Shareef rentra enfin à la
maison. Il y pénétra sans vraiment la voir, marchant comme un automate, pressé
de prendre une douche bien froide avant d’aller se coucher. Il ne savait que
penser à propos de cette Fayadila. C’est lorsqu’il arriva à la porte de sa
douche qu’il entendit une voix derrière lui.
-Tu es encore allé boire, n’est ce pas ? demanda
Sharon. Tu es encore sorti avec ces filles ? est ce qu’au moins tu t’es
protégé ?
-Arrête Sharon, arrête. Je suis fatigué, je veux juste
prendre ma douche et dormir.
-Non je ne peux pas arrêter Shareef. Je n’en peux plus.
Qu’est ce qui nous est arrivé Shareef ? Pourquoi tout est devenu si vide,
amer ? Si tu faisais au moins un effort pour ne pas fourrer ton sexe un
peu partout, peut être qu’on aurait déjà eu un fils.
-Ne m’insulte pas. Et puis ce n’est pas ma faute si tu as
l’utérus dur comme de la pierre et que tu es incapable d’enfanter. Je suis allé
me changer les idées, point. Si tu as envie de faire pareil, je t’en prie,
fais-le. Mais cesse de m’importuner la.
-Bravo,
répondit-elle en tapant des mains. T’as trouvé ça tout seul ? tu as
quoi ,15 ans ? Nous sommes au 21e siècle mon cher, et qui me dit
que ce n’est pas plutôt toi le stérile qui nous empêche d’avancer ?
Comment pourrions-nous le savoir si tu ne fais pas
d’analyses ?
Shareef soupira et entra dans la douche. Il souffrait vraiment et
se sentait mal pour sa femme. Il savait que ce n’était pas de sa faute, mais
n’arrivait plus à l’émouvoir. Dans les premières années de leur mariage, tout
était pourtant si bien. Et puis les années avaient passé, et ils n’avaient
toujours pas d’enfants, Sharon avait changé alors. Il savait qu’elle n’était
plus heureuse avec lui depuis longtemps et portait ce mariage comme une croix,
mais pour une raison qui lui était inconnue, elle restait toujours. Le jet
d’eau froide coula sur sa tête et glissa progressivement le long de son dos.
Lorsqu’il eut fini de prendre sa douche, il alla dans sa chambre et remarqua
que Sharon n’y était plus. Réprimant un soupir plus triste que le précédent, il
se coucha et ferma doucement les yeux.
Le lendemain passa comme un éclair. Tout l’attrait de la soirée
dissipé, Shareef alla comme tous les matins à son bureau, accompagné de
Moises. Lorsqu’il arriva à une station service, moises sortit faire le
plein pendant qu’il attendait patiemment dans la voiture. Au moment de payer,
il porta la main à sa veste pour prendre son portefeuille mais ne toucha qu’une
poche vide. Il ne se rappelait pas avoir déposé son portefeuille sur sa table
de chevet, encore moins l’avoir laissé au salon. Puis la scène d’hier lui
repassa en mémoire. Il revit Fayadila sur lui, le caressant. Il se rappela lui
avoir donné l’argent mais pas de son portefeuille. La scène lui revint avec
plus d’acuité et il vit les mains de celle-ci se balader beaucoup sur ses
poches maintenant qu’il y pensait.
-Eh
merde. Dit-il tout haut.
Cette salope lui avait volé son portefeuille. C’était à peine
croyable. Il lui avait remit 1000$ cash mais cela ne lui suffisait pas. Il
fallait qu’elle le vole par-dessus le marché. Enervé, et honteux de s’être fait
avoir comme un écolier, il ordonna à Moises de l’emmener au plus vite au bar
136 afin de récupérer son portefeuille et lui dire bien en face sa manière de
penser. Lorsqu’il arriva dans le bar, il venait à peine d’ouvrir. Mais toutes
les serveuses étaient déjà la. Lorsqu’il demanda où se trouvait Fayadila, on
lui répondit qu’elle était malade et qu’elle ne viendrait pas aujourd’hui. A la
question de savoir si quelqu’un savait où elle habitait, personne ne répondit.
Il ressortit en flèche du bar et s’adossa à sa voiture et essaya de réfléchir
posément. Comme à chaque fois qu’il était nerveux, il touchait sa bague de
mariage et la tournait pendant des heures. Mais là aussi, c’est son annulaire
seule qu’il toucha.
-Merde,
merde et merde !!!!
C’est à ce moment qu’il se rendit compte que non seulement Fayadila
avait pris son argent, ainsi que toutes les cartes de visites dont il
aurait besoin, mais pire, il avait, avant de l’aborder, retiré sa bague de
mariage et l’avait mise dans son portefeuille pour pouvoir la reporter une fois
à la maison. Et si Sharon le remarquait et qu’elle en parlait à son père, il
pouvait dire adieu au poste tant convoité de PDG…

I am impatient to read the second part. It is very attractive.
RépondreSupprimerWell done!
Yannick