vendredi 14 juin 2013

Portrait culturel : FELA KUTI








 Abeokuta, petite ville du Nigeria fondée comme refuge contre les chasseurs d'esclaves du Dahomey.
Abeokuta a donc vu naitre une légende le 15 Octobre 1938 D'autres auront eu besoin de s'abandonner totalement à l'art  pour faire abstraction de leurs pauvreté, d'autres malgré la richesse préféreront l'art pour expliciter leurs nobles idées. Fela Kuti malgré la cuillère en or dans la bouche, aura ses propres idées, ses propres vision du futur, sa propres vies. Enfant de famille bourgeoise, Fela Hildegart Ransome, de son vrai nom est né d'un père qui prêchait la parole du bon berger, et d'une mère militante activiste engagée. L'Adn pourrait donc expliquer le grand dévouement socio-politique de Fela Kuti, et la menace politique qu'il représentait pour le pouvoir en place de l'époque.

Il faut de prime abord souligner, que le chemin de Fela était déjà traçé, prestigieuses études universitaires à Londres, retour au Nigeria pour être médecin comme ses frère, et sauver des vies. Au lieu de cela, Fela ne sauvera pas des vies, mais des mentalités, il enseignera à travers les notes endiablées et entremêlées de son saxophone, de son piano de ses shows.  C'est ce jazz, cette soul, le juju, le higlife qui combinés à sa prestance artistique africaine qui donneront naissance à l'Afrobeat,le même que celui que nous écoutons aujourdh'ui. Lorsqu'il s'envola pour Londres, il continua ses études au Trinity College of Music, dans cette école il aiguisera ses armes musicales, créera  un groupe avec ses amis, élargissait ses horizons aux carrefours de la culture Londonienne et Africaine. Il est aussi tombé dans le charme du métissage culturelle avec un trait d'union entre  les états unis et le Nigeria, la belle métisse Remilekun Tyler avec qui il assurera sa postérité musicale avec la naissance de Femi Kuti, digne fils de son père. Ses voyages aux Etats- Unis lui ont permis de rencontrer plusieurs militants afro américains tels que les Black Panther en Californie.

Le déclic politique  de Fela Kuti viendra de ses rencontres, ses échanges d'idées  qui forgeront son anti-capitalisme, anti-impérialisme. De retour au Nigeria,il se convertit à l'animisme, il ne chantera plus en langue locale, il énoncer ces idées lors des concerts avec un fond sonore orchestrales, des douces notes de piano, des envolées fulgurantes au saxophone. Prospérité et popularité suivront aussi tôt, seulement en Afrique tout n'est pas bon à dire, à chanter, Fela Kuti sera censuré par l'Etat. Il sera plusieurs fois torturé, jeté en prison, victimes jugements corrompues.Il voulut même se présenter aux éléctions présidentielles, mais fut jeté en prison pour possession de cannabis, un jugement biaisé que le juge avouera des années après.

Pour Fela, il était inadmissible que les générations ne s'approprient pas leurs propres identités culturelles, inadmissible que la guerre du Biafra de 70 soit une mascarade occidentale à des fins pétrolières, inadmissible que l'on nous enseigne la langue du colon au risque de perdre nos mœurs,nos valeurs, notre culture. Il dénoncait sans faux-fuyants les malversations financières dirigeants, ce qui lui valut plusieurs tortures et arrestations.

Ses idées et son militantisme le rapprochait de plus en plus en plus d'une brillante carrière politique, il fonda le MOP Mouvement of People, potentiel candidat à 1983 il en sera empêché arrêté dans un aéroport en partance pour New York pour détention de devises illégales. Un jugement biaisé que le juge reconnaîtra des années plus tard. Son caractère contestataire, de rebelle et son leadership s'éteindront avec la maladie qui le rongera longtemps le Sida. Les mauvaises langues l'eteindront avant l'heure, en 1997 il tira sa révérence en laissant derrière lui 27 épouses. L'un de ses enfants Femi Kuti perpétue brillamment l'Afrobeat en tant que digne fils et successeur.

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