Les acharnements du destin
partie #7
"Regardez une femme enceinte,Vous croyez qu’elle traverse la rue ou qu’elle travaille ou même qu’elle vous parle. C’est faux. Elle pense à son bébé. " Anne Gavald
La voix de ma mère était fragilisée par larmes & sanglots, mais elle lisait dans mon regard mes interrogations ma surprise et elle fut obligée de commencer son incroyable récit:
-Avant de te dire cette lourde vérité, que je te raconte ton histoire, ce lourd passé Karl, il faut que tu saches que l'amour qu'une mère a pour son enfant, vient des abîmes de son âme maternel, du tréfonds de son être, et tous les risques de ma vie, tous les coups, les larmes que j'ai supporté c'est à cause du fruit des mes entrailles et pour personne d'autre. Aujourd'hui je vais te dire ce que je n'ai jamais dit a personne,avant tout tu me jugeras surement mais ta raison te permettra d'établir la juste logique.
Il y eut pendant un quart d'heure un silence lourd, qui renforçait mon mal-être dans cette chambre d'hôpital...
-Karla est ta soeur. reprit-elle
Les mots sont tombés exactement comme un couperet, je n'arrivais à décrire ce que je ressentais. Les mots de ma mère étaient entrecoupés de longs sanglots, elle termina quand même sa phrase.
-Ta soeur jumelle elle remua encore plus le couteau dans la plaie ..
Moi je ne disais toujours rien, je regardais ma mère, la tête entre les mains... Mes yeux hagards, la suppliaient pour continuer son incroyable et fabuleux récit ?
-Ton père n'a jamais voulu de Karla, elle recommençait à pleurer de plus belle.
- Pourquoi? demandais-je désabusé
- Le jour de votre naissance
Le simple fait de dire votre naissance provoquait en moi d'indicibles et douloureux frissons ..
Le médecin vint me dire que tout ne s’était pas passé comme prévu, et qu'il avaient le regret de m’annoncer qu'un de mes enfants vient de mourir et que j'ai perdu ma fille.. Seule Dieu pouvait comprendre la tristesse qui m'avait habité en ce moment là ... Je me suis mise à pleurer toutes les larmes de mon corps et de mon coeur, ton père me regardait pleurer sans aucune pitié, il ne me prouvait en rien qu'il compatissait chose que j'ai trouvé bizzare...
- Maman en même temps tu parles de cet homme comme s'il ne faisait que de bonnes choses dans sa vie ...
Epargne moi tes sarcasmes et dis moi tout s'il te plaît c'est aussi mon droit de savoir je ne suis plus un enfant insoucieux de la vie..C'est ma vie mon passé, mon histoire.
- Le médecin m'a consolé quelques minutes me disant que j'avais mis au monde un merveilleux petit bonhomme et que tout a l'heure après le bain les sages femmes lui auront donné, je le prendrais dans mes bras, je lui donnerais le sein tendrement. Il me disait que ce premier contact ne doit pas être fait sur des notes tristes et des larmes...
Ces mots atténuèrent ma douleur mais ne l’effacèrent pas pour autant, j'avais encore plus mal quand je voyais mon mari me regarder pleurer sans rien dire à part faire des aller- retours dans le couloir, son paquet de cigarette en main. Même pas un seul mot de consolation, d'affection rien pour me soutenir, il me regardait avec des yeux froids..
Je me morfondais de douleur morale en plus des douleurs physiques de mon accouchement de moins de deux heures, je peux te dire Karl que dans ma vie de femme, je n'avais jamais autant souffert.
Une heure plus tard, une sage femme rentrait dans ma chambre, tenant un cadeau du ciel, un trésor une magnifique bouille, des petits yeux tous bridés fermés qu'on ne voyait à peine. Tu agitais tes petits poings fermés et tu pleurais comme un ange, ces pleurs étaient les pleurs les plus innocentes et les plus douces. Ces pleurs étaient des caresses à mes oreilles, je souriais en même temps que mes larmes coulaient.
La sage femme me regardait avec des yeux de pitié, elle semblait vouloir me dire quelque chose je la regardais je lui ai dit - Il est bon mon fils n'es-ce pas ? - Oui, il est beau et je suis désolée pour votre fille..
- Mon coeur est meurti, je ne savais pas que ce serait aussi dur d'être une femme.. La sage femme m'a regardé d'un air triste, elle semblait me comprendre en tant que femme. Soudain elle se mit, elle aussi à pleurer. Je l'ai donc regardé avec un grand étonnement, au fond de moi je me suis demandé pourquoi compatissait -elle autant ? - Madame, votre fille n'est pas morte, elle souffre de trisomie 13, un handicap congénital et votre mari a demandé au médecin son meilleur ami de tuer ce bébé car il ne supporterait pas d'élever un handicapé, ils nous ont donc demandé de l'étouffer à nous les sages femmes ... Quand elle parlait ma respiration changeait de rythme, les battements de mon coeur aussi je te tenais dans mes bras et je la regardais -Qu'avez vous fait? dites moi qu'avez vous fait demandais -je les larmes aux yeux . Elle me répondit: -" Je ne l'ai pas tué, un magnifique bébé, le plus surprenant c'est qu'elle n'a rien d'une trisomique madame. Je n'ai pas eu la chance d'avoir un enfant du fait de ma stérilité, chaque jour j'aide des femmes à donner la vie. Je peux vous dire que je n'ai pas eu de doctorat en médecine mais cet enfant n'est pas trisomique et je n'aurais jamais pu le tuer.. Je ne peux pas faire d'enfant alors jamais je ne pourrais en tuer. "
J'ai regardé cette femme droit das les yeux, j'ai posé ma main sur la sienne et je lui ai dit - Je vous confie ma fille Karla, quelque soit ce qui se passera vous êtes aujourd’hui sa mère. Notez moi votre numéro sur un bout de papier que vous glisserez dans le carnet de santé de mon fils, laissez moi vos contacts, à partir de ce jour Karla est votre fille tout ce que je vous demande c'est pouvoir rester en contact avec vous, et que mes enfants puissent se voir, jouer ensemble, ce sont des jumeaux Dieu les a unis et lui seul sait pourquoi .
La sage femme me regardait et hochait la tête en guise d'approbation.
- Pourquoi ne prenez vous pas votre fille et rentrez avec elle en cachette à l'insu de votre mari, mais vous vous enfuirez après ?
Je lui ai alors répondu
-Je n'ai nul part où aller à part lui je suis moi même orpheline je ne veux donner des conditions de vie difficile à cet enfant mon mari est un homme violent amère incontrôlable s'il n'a pas acceptée Karla le jour de sa naissance, jamais il ne l'acceptera. Croyez moi je ne veux pas que ma fille souffre déjà. Dites moi comment vous appelez vous ? - Marie Perle Ahoussi .
- Marie Perle je vous confie ma fille, votre fille Karla Perle.
Elle m’embrassa comme une soeur, une amie, une mère et elle me dit: - Je vous promet de prendre soin de Karla Perle, j'appelle mon mari pour qu'il vienne la chercher discrètement tout à l'heure je reviendrais avec mes contacts et je prendrais les vôtres mais je vous en prie ne parlez à personne de notre conversation je risque mon emploi, mon avenir, la prison tout ce que vous n'imaginerez jamais
- Ne vous faites aucun soucis et n'oubliez pas les contacts dans le carnet de santé!
Toi Karl tu étais dans mes bras, je t'allaitas et je caressait ta douce frimousse, il n'y avait que toi présent lors de cette conversation avec Marie Perle.
J'interrompis ma mère: - Ah, pourquoi a-il fallu que j'ai un père comme celui là ? La trisomie 13 c'est juste un handicap due à un chromosome supplémentaire,cela ne rend pas Karla monstre pour autant...
- Regarde là, aujourd'hui à t-elle les traits d'une malade ? elle ne souffre pas ils ont du faire une erreur et elle n'a jamais eu cette maladie ? Je n'ai jamais su pourquoi ton père a voulu tuer cet enfant ?
Donc tout ce passa comme prévu, le mari de Perle vint récupérer ta soeur discrètement, Perle et moi échangions les contacts, adresses, nous nous jurâmes de ne jamais rien se cacher, en tant que mères, de toujours tout faire pour que nos enfants puissent avoir l'occasion un jour de se retrouver. Nous avions envisager d'essayer de se voir régulièrement afin que vous puissiez vous connaitre .
Tout était si bien parti ...
La suite le vendredi 16 Novembre 2012
Noëlla Elloh
Nous sommes aux aguets pour la suite. Mais jai remarquee quelques erreurs.
RépondreSupprimerMerci Maureen effectivement, sorry for that je viens de me relire
RépondreSupprimerAlors là je n'aurais jamais penser à une soeur jumelle. J'avais en tête une soeur mais plutôt une grande soeur abandonnée volontairement. J'aime bien parce qu'au début je me disais que c'étais une histoire prévisible mais je tombe de haut. Bravo!
RépondreSupprimerMercii Beaucoup! Effectivement c'est surtout pour éviter le déjà vu...
SupprimerMerci de m'avoir lu