mercredi 31 octobre 2012

Thomas Sankara « Un visonnaire martyr de la liberté »


Au-delà de ses yeux bridés, pouvait se lire l’audace des vérités que l’on ose énoncer, le patriotisme, et l’engagement profond. Son béret rouge, toujours minutieusement placé nous laissait tout de même entrevoir ce regard de révolutionnaire, il avait d’autres visions plus nobles, pour son pays, mais cette vision s’ouvrait aussi à toute l’Afrique. D’un grand esprit panafricaniste, il tentait à chaque apparition télévisée, chaque discours, chaque interview de faire surplomber dan ses dires, la grande fierté qu’il à d’appartenir a ce continent l’Afrique. De plus quand il n’était vêtu de sa tenue militaire, il arborait fièrement une tenue vestimentaire cousue chez lui au Burkina Faso, dont « aucun fil ne vient des USA » a-t-il dit au sommet de l’OUA a Adis Abeba le 29 Juillet 1987.





 L’anti-impérialisme fait aussi partie des maîtres mots de son état d’esprit, il voulait se détacher au colonialisme ou à toute forme de néocolonialisme. Il voulait inviter tout ses frères Africains à se projeter dans une nouvelles Afrique, pour cela il fallait d’abord s’arracher de l’impérialisme. Il a même fait changé la Haute Volta en « pays des hommes intègres » dit dans la langue du terroir Burkina Faso, il était lié à ses racines. Ce que personne n’osait dire et que tout le monde attendait d’entendre pour applaudir il le disait lors des sommets. Pendant que d'autres sombraient dans l'afro-pessimisme lui ne cessait de projeter l'Afrique avec un espoir relevant de son patriotisme panafricaniste...


Son audace effrayait plus d’un.Lui c’est Thomas Isidore Noel Sankara, il naquit le 21 décembre 1949 à Yako au Burkina Faso, il est issu d’une famille catholique et il a surement compris les profondeurs sentimentales du colonialisme car son père fut un prisonnier de guerre et un ancien combattant de la deuxième guerre mondiale.
 Les études secondaires de Thomas se sont déroulées au Lycée Ouezzin Coulibay à Bobo Dioulasso puis au Prytanée militaire du Kadiogo. Le bac en poche il suivit une formation d’officier militaire à Madagascar.
En 1976, il gravit les échelons pour devenir commandant il se liera d’amitié avec Blaise Compaoré lors d’un stage d’aguerrissement au Maroc, ils fonderont le Regroupement des officiers communistes (ROC) dont les autres membres les plus connus sont Henri Zongo, Boukary Kabore et Jean-Baptiste Lingani. Une amitié qui lui vaudra son sang …
il démissionnera après 1an : il fut secrétaire d’état du colonel Saye Zerbo.

Le 7 novembre 1982, un nouveau coup d'État le médecin militaire Jean-Baptiste Ouédraogo devint président et Sankara son Premier ministre en janvier 1983, limogé et mis aux arrêts le 17 mai, après une visite de Guy Penne, conseiller de François Mitterrand. Il commence déjà à faire remarquer son côté révolutionnaire et on ne tarde donc pas à l’avilir lui mettre des bâtons dans les roues mais rien n’y fait…

le 4 août 1983 un énième coup d’état place Thomas Sankara à la présidence du Conseil national révolutionnaire. Il considère son programme anti-impérialiste. Son gouvernement retira aux chefs traditionnels les pouvoirs féodaux qu'ils continuaient d'exercer. Il mettra en place les CDR (Comités de défense de la révolution).


Comment ne pas susciter la méfiance avec de telles idées nobles et pures? La politique il faut le dire reste un jeu d'hypocrisie, et ce révolutionnaire allait être s'il était encore en vie une entrave aux mauvaises intentions de certains ..



 Discours sur la dette 29 Juillet 1987 Sommet de l'OUA à Addis Abeba

Revoyons ce grand discours sur plusieurs plans ..
 La dette des pays africains 

Les origines de la dette remontent aux origines du colonialisme. Ceux qui se sont transformés en ” assistants techniques “. En fait, nous devrions dire en assassins technique. Et ce sont eux qui nous ont proposé des sources de financement, des ” bailleurs de fonds “.
Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous n’avons pas de quoi payer. Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous ne sommes pas responsables de la dette. Nous ne pouvons pas payer la dette parce qu’au contraire les autres nous doivent ce que les plus grandes richesses ne pourront jamais payer, c’est-à-dire la dette de sang. C’est notre sang qui a été versé. 
Qui a sauvé l’Europe ? C’est l’Afrique. On en parle très peu. On parle si peu que nous ne pouvons, nous, être complices de ce silence ingrat. Si les autres ne peuvent pas chanter nos louanges, nous en avons au moins le devoir de dire que nos pères furent courageux et que nos anciens combattants ont sauvé l’Europe et finalement ont permis au monde de se débarrasser du nazisme. 

 La crise financière
    Il y a crise parce que quelques individus déposent dans des banques à l’étranger des sommes colossales qui suffiraient à développer l’Afrique. 
Non ; nous ne pouvons pas accompagner ceux qui sucent le sang de nos peuples et qui vivent de la sueur de nos peuples. Nous ne pouvons pas les accompagner dans leurs démarches assassines. 
La morale
La Bible, le Coran, ne peuvent pas servir de la même manière celui qui exploite le peuple et celui qui est exploité. Il faudra qu’il y ait deux éditions de la Bible et deux éditions du Coran.

La course aux armements
Chaque fois qu’un pays africain achète une arme, c’est contre un Africain. Ce n’est pas contre un Européen, ce n’est pas contre un Asiatique, c’est contre un Africain. 
Le marché africain aux africains
Produisons ce dont nous avons besoin et consommons ce que nous produisons au lieu de l’importer.

Nous devons accepter de vivre africain. C’est la seule façon de vivre libre et de vivre digne

je vous remercie, la patrie ou la mort nous vaincrons..






 « C'est de la confiance que naît la trahison. »
 15 octobre 1987, Thomas fut assassiné lors d'un coup d'État organisé par celui qui était considéré comme son frère, Blaise Compaoré. il fut déclaré « décédé de mort naturelle » par un médecin militaire quelques jours plus tard. Le complot est là tout le monde le sait car c’est seulement en 2006 que L'absence de tout procès ou de toute enquête a été condamnée en 2006 par le Comité des droits de l’homme des Nations unies.Les soupçons pesaient sue  Chirac & Mitterand soupçonné d'avoir joué un rôle, d’autres gouvernements africains amis de la France comme le mystérieux Kadhaffi.

 Ses actions, ses idées pour l'Afrique

  • Octobre 1986, peu avant le sommet Gorbatchev-Reaganil se rendit une semaine en URSS pour défendre devant l'ONU le droit des peuples à pouvoir manger à leur faim, boire à leur soif, être éduqués.
  • Thomas Sankara fut un des chefs du Mouvement des non-alignés,  pays qui durant la Guerre froide refusaieny de prendre parti pour l'un ou l'autre des deux blocs.
  • Création du  CDR Comités de défense de la révolution auxquels tout le monde pouvait participer, et qui abordaient la gestion des questions locales et organisaient les grandes actions.
  • Construction massive par les CDR de puits, de  retenues d'eaux, opérations de vaccinations de tous les enfants opérations alpha pour lutter contre l'analphabétisme,(l'analphabétisme serait passé pour les hommes de 95 % à 80 %, et pour les femmes de 99 % à 98 %, grâce aux « opérations alpha »)
  • Dimunition des pouvoirs féodaux des rois
  • Il inculqua la coutume de planter un arbre régulièrement, à chaque occasion pour lutter contre la désertification 


Seul président Africain à avoir vendu les luxueuses voitures de fonctions de l'État pour les remplacer par de basiques Renault 5.  




Actualités: Le 13 septembre 2012 , la veuve Sankara réfugiée dans le Sud de la France, (ses deux enfants aujourd'hui étudiants aux USA )décide de briser le silence en écrivant une lettre à Hollande pour dénoncer Blaise Compaoré actuel Président du Burkina Faso en le traitant de "sanguinaire" et en demandant de ne point le recevoir à l'Elysée. ( Lire l'Article)





Thomas Sankara est un leader, un visionnaire, un révolutionnaire que l'Afrique ne cessera de regretter  pour ces intentions pures et nobles il n'était point attiré par les ruses néo-colonialistes des occidentaux, il pensait à l'Afrique à sa survie, à son lendemain en clair il croyait en l'Afrique et il voulait préserver la conscience historique refusait l'oprresion des peuples. Il était aussi patriotiquement engagé dans son combat comme il aimait le dire ...






 La patrie ou la mort nous vaincrons...




Source: thomassankara.net

Basile Guissou, Burkina Faso, un espoir en Afrique. L'Harmattan, 1995




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