vendredi 19 octobre 2012

le bonheur aux allures cauchemardesques.

Les histoires de la vie

Bonjour, je m'appelle Cheikh, et voici mon histoire, incroyable, triste étonnante elle jette un regard sur la double facette de l'être humain... 

Deux jours que je n'avais pas eu la moindre bouchée dans ma bouche, mes yeux avaient une couleur  assez pâle, mon visage un aspect cadavérique, je n'exagère pas dans mon auto-description et mon corps ne cessait de s'affaiblir, les moindres mouvements m'épuisaient terriblement.
J'étais là affalé sur le canapé qui n'avait plus que de la mousse car le revêtement n'existe plus au fil des années le canapé aussi à rendu l'âme, je regardais la télévision, ou la télévision me regardait …
Je m'appelle Cheik , immigré sénégalo ivoirien en Norvège. Vous vous demanderez sûrement comment je me suis retrouvé dans ce pays, je suis allée en France pour mes études de sociologie, je vivais  Avignon magnifique ville dans le sud de la France, dans le département du Vaucluse. Mon niveau d'étude une licence en droit et un master en sociologie. Pourquoi je ne suis pas resté en France ? Après 5 ans d'étude, ma situation n'était plus celle d'un étudiant: ma demande de titre de séjour a été refusée, je ne trouvais pas de boulot, même les petits boulots m'étaient inaccessibles. Retourner à Abidjan ? Impossible ma mère n'est plus de ce monde, quant à mon père il a refait sa vie avec une autre femme à Dakar, au point d'oublier ses enfants. De moi, il ne veut plus entendre parler, je n'ai qu'un seul rempart , Oncle Fall. Mais ce rempart lui même n'est pas assez solide à cause de ces problèmes financiers, ses problèmes de sans- papier, ses innombrables dettes. Nous travallions tout deux dans une usine de parfum qui  a la suite d'un licenciement collectif nous a replongés dans le gouffre profond de nos problèmes . Avec nous vivait son fils, mon cousin Rahim. Rahim est arrivé en Norvège il y a 20 ans, il s'est retrouvé enfermé dans le cercle vicieux des mauvaises fréquentations aujourd'hui il est dépendant de drogue de tout genre, alcoolique de surcroit ,la police et les services sociaux connaissent bien mon oncle à cause des problèmes de Rahim. Aujourd'hui il a 23 ans, il n'a aucun diplôme il erre dans les rues toujours avec une bouteille de Vodka bon marché en main entouré de ses amis. Mon oncle aurait peut-être pu gérer la situation s'il avait une épouse, mais vous connaissez les femmes elle ne tiennent pas longtemps dans un foyer où la misère quotidienne devient votre mode de vie

Le plus étonnant est que je me sois habitué à ma souffrance, aujourd’hui, il m'arrive de me demander comment j'arrive à tenir dans cette souffrance, des jours de famine, des crises de Rahim qui ne cessent de se battre avec son géniteur, écouter mon oncle se lamenter de sa vie. Mon oncle a plusieurs fois tenté de mettre fin à ses jours, mais j'ai toujours été là pour empêcher cela et j'espère être toujours là. J'étais pour lui quelqu'un de bien, il me répétait tout le temps qu'il aimerait m'avoir comme fils et moi je lui disais «  Je suis ton fils, Oncle Fall.» Bientôt 2 ans que lui et Rahim ne s'adresse plus la parole, pourtant ils vivent sur le même toit,Rahim ne rentre que pour dormir, ou effrayer son père en utilisant tous les objets à sa portée pour le battre.

La démence de Rahim ne cessait de s'empirer au point que son père ait peur d'être seul avec son fils.Moi j'étais toujours là pour m'interposer à la moindre confrontation, cela m 'épuisait énormément. Tous les jours entendre mon cousin vociférer avec une haleine indescriptible mais surtout désagréable,chaque jour il fallait que je nettoie les tessons de bouteilles de la veille.Notre lieu d'habitation me faisait de la peine, mon oncle déjà affaibli par la vieillesse devait se contenter de 3 repas dans la semaine , mais lui continuait toujours à prier, prier, prier Allah... Je me demandais s'il ne perdait pas la raison. Aujourd'hui d'une minute à l'autre nous pouvons être rapatriés, repartir dans notre Afrique natale miséreux, honteux, mais franchement ne serait-ce pas la meilleure option ?

Mon regard se baladait dans le salon, je voulais essayer de fournir un effort surhumain pour boire un verre d'eau, mais mes jambes me lâchaient, mon cœur battait fort. J'ai donc décidé  de continuer à regarder la télévision , les publicités des choses que je ne pourrais jamais m'offrir, je décidais donc de changer de chaîne quand je vis la publicité de la loterie européenne «  100 000 000 d'euros à gagner ». Mes paupières tremblotaient, mon souffle en disait long sur ce que je pensais...

La sonnerie de mon téléphone me tira de mes rêveries osées ….
-        Allo Cheick, je suis madame Malbat, ton frère Rahim est couché sur la place centrale de la ville entrain de vomir, couché là, il risque de tomber gravement malade..
-        Merci Madame, j'arrive tout de suite
-        Oui j'attend que tu vienne pour m'en aller, je reste à côté surtout ne dis rien à ton père tu risque d'empirer son état.
-        Ne vous inquiétez pas madame ;


Quelques gorgées d'eau du robinet rempli de calcaire pour me donner le minimum de force, Rien ne m'étonnait venant de Rahim, Madame Albat est une femme  d'un certain âge, je m'occupais d'elle je venais la voir souvent, l'aider à faire ses courses vous savez bien que la solitude rime souvent avec la vieillesse en occident,J 'ai arrêté de travailler pour elle vu qu'elle me l'avait demandé car selon elle sa pension de retraite ne lui permettait plus de subvenir à tous ses besoins .

Quelques minutes de marche, voiçi Rahim dans un jean, mouillé la bouche ouverte, la bouteille de whisky vide dormait aussi près de lui. Il se donnait en spectacle et les passant ne cessaient d'exprimer leur dégoût à voix basse face  à un tel spectacle...

_ Merci Madame Albat
_ Non ne me remercie pas mon petit, rentre vite avant que la police arrive et que d'autres problèmes ne resurgissent  je n'ai pas de sous sinon je t'aurais donné de quoi vous faire quelques courses.
Elle fouille dans sa poche,
-Ah si Albert au tabac, m'a donné quelques pièces  pour ma monnaie et un ticket de loterie pour la cagnotte de ce soir …

Je ne vous dis pas comment j'ai éclaté de rire, quand elle m'a tendu le ticket …

_ Pourquoi tu ris ? La chance c'est pour tout le monde, tout le monde a droit au bonheur mon fils...
_ Je ne pense pas que tout le monde ait droit au bonheur, où alors DIEU m'a oublié …
_ Rentre ! Prends ton frère et rentre avant que quelqu'un appelle la police.

J'ai soulevé Rahim de tout le reste de mes forces, je me suis arrêté en chemin dans  une petite boulangerie, je laissais mon clochard de cousin couché dehors histoire d'acheter de baguettes de pain et des œufs pour essayer de faire à manger à tout le monde ce soir.
En quelques minutes, les pièces de Madame Albat ont été dépensées ..
Une fois chez nous je le posais dans la baignoire je laissais couler l'eau et je pense que c'est suffisant je ne peux pas faire plus, il reviendra à un état moins terrible que l'actuel dans quelques temps.

Quand j'ai retiré son jean il y avait dans ses poches un couteau suisse ensanglanté, il a sûrement encore fait la bagarre, il me faisait pitié ce jeune homme.

Après avoir fait les œufs, j'ai découpé le pain en tranche que j'ai disposé dans une assiette, une carafe d 'eau remplie, malgré ma faim, j'attendrais mon oncle pour manger ce soir.

Je regardais toujours la télé après le journal encore la publicité, vive ce pitoyable monde de consommation qui te donnait l'impression d'être un être profondément miséreux et maudit…

La publicité du Jackpot me rappelait, le ticket de madame Albat, et si je le grattais, avec quoi ? Je n'ai aucune pièce, l'idée d'utiliser mes clés me venaient en tête..

Après grattage, les chiffres affichés formaient curieusement la date de naissance de ma mère,
 08 02 58. Le huit février 1958, après quelques minutes plongés dans mes pensées mes larmes n'arrêtaient pas de couler, mes larmes perlaient perlaient sur mes joues aplaties par la misère . Pourquoi je pleurais autant, je n'ai jamais autant pleuré pour le décès de ma mère depuis 10 ans...
Je me sentais vide et surtout seul face aux problèmes de la vie, cette solitude aiguë je la ressentais au tréfond de moi même.


Mon oncle, venait de rentrer et  le bruit des bâillements de la porte me le faisait savoir, il rentrait avec un paquet de vivres, cela me fit plaisir, après notre grève de la faim.La bonne éducation africaine inclut qu'il faut toujours aider ses aînés en les déchargeant de leur paquet c'est ce que j'ai fait après l'avoir salué.

Assis dans le canapé, il commençait son chapelet de lamentation -Mon fils, la vie se complique pour pour moi, plus je vieillis.
-Papa c'est dur pour tout le monde, Allah nous garde et nous protège avoir un peu de sa foi dans nos cœurs représente une force,une dignité même quand nous sombrons dans la pauvreté.
-Exactement, mon fils Allah est mon seul rempart d'ailleurs va chercher ma natte que je prie !

En allant chercher la natte, je trouvais Rahim entrain de se vêtir dans le couloir, apparemment, il sortait de son état désastreux, même pas un bonjour, un merci de sa part...
J'osais lui dire : _Cava mieux ?
_Mêle toi de ce qui te regarde.

L' effronterie de ce jeune homme livré à lui même ne heurtait en rien ma sensibilité et me faisait plutôt rire...
De retour avec la natte en main je retrouvais mon oncle la bouche ouverte devant la télévision, il est tombé lui aussi dans le rêve et l'extase de la cagnotte de 100 000 d'euros. La voix de la présentatrice passait au tirage, moi je disposais la natte de mon oncle pour qu'il puisse prier.
Je me retourne, je regarde la télévision, la date de naissance de ma mère est affichée sous formes de petites sphères colorées. Au début je pensais à une hallucination, une blague, mes mains tremblaient gravement, des sueurs froides perlaient dans mon dos, les battements de mon cœur s'accéléraient... Laissez moi vous dire que cette sensation est indescriptible, indicible , je me demandais si je n'allais pas m'effondrer je suis multimillionnaire..
J'ai essayé de retenir mon cri, mon oncle priait , au final ce n'est plus un cri que j'ai poussé mais une détonation...
Submergé par la joie, l'extase je ne pus n’empêcher de crier encore plus …
Rahim s'approcha de moi , le regard placide : -Arrête tes conneries, rends moi mon ticket ! Hurla t-il .
-Attends qu’es-ce que tu racontes?Ton ticket ?
-Tu sais que je suis capable de tuer, tu as fouillé dans mes poches, où es-ce que tu as foutu mon couteau suisse ? Tu me fouilles, tu me voles, et tu prétends avoir gagné  100 000 000 D'euros ?

Mon oncle roula sa natte en deux temps trois mouvements, pour la première fois, il a interrompu sa prière

- Attendez attendez Qui a gagné 100 000 000 d'euros ?
Nous avons tous deux répondus:- moi 
Mon oncle éclata de rire il ne réalisait pas encore que j'étais multimillionnaire  surtout que Rahim comptait me mettre des bâtons dans les roues …
Mais ce que j'allais surtout apprendre, c'est la véritable double face de l'être humain, aux antipodes de la bonté et de la méchanceté profonde, il est capable de tout, tout...



LA FIN DANS QUELQUES JOURS....

                                                Noëlla Elloh  

3 commentaires:

  1. A part quelques fautes (plusieurs d'ailleurs) l'histoire est alléchante, on essaie d'imaginer la suite... Même si plusieurs scénarios défilent dans ma tête...! A suivre donc...! :D

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  2. wouw!!!! that's some story!!! I CAN'T WAIT TO READ THE NEXT PART!! BE QUICK PLEASE! I LOVE IT!

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