Ma mère était certes sensible du fait de son âge, elle pleurait facilement mais là, ses larmes traduisaient une douleur liée à une surprise comme si le destin lui faisait comprendre qu’il l’avait rattrapé…
- Maman qui est cette femme tu la connais ?
- Non, non balbutiait t-elle je ne la connais pas.
- Mais alors pourquoi tu pleures autant ?
- C’est juste qu’elle ressemble à une de mes sœurs que j’ai perdu de vue.
- Je suis désolé maman, je voulais juste que tu voies pourquoi depuis quelques jours je suis dans ma bulle, cette femme qui est omniprésente dans ma vie, mes pensées…
- Mais tu sais mon fils, avança t-elle, tu ne peux pas tomber amoureux comme cela, d’une inconnue…
- Le coup de foudre ? Maman t’en a déjà entendu parlé ?
- Cela n’a rien d’un coudre foudre, elle est plongée dans un profond coma, tu ne sais rien d’elle. Et puis c’est étrange, elle n’a pas de famille, de mari, de fiancé Ou euh que sais-je encore ? Pardonne-moi mais elle est trop mystérieuse.
Les paroles de ma mère me faisaient revenir à la réalité, j’étais peut –être un peu trop naïf pour savoir qu’on n’aime pas quelqu’un comme cela. Et puis après, ce n’était peut- être qu’un simple délit de faciès venant d’un rêve !
C’était une des rares fois, je dis bien rare fois que ma mère était aussi dure avec moi. Dure, au point de sortir des paroles qu’elle sait blessantes à mon égard. Ma mère est la personne qui me connait le mieux et elle ne fait rien pour moi , ne me dit rien de façon hasardeuse. Si l’on part du fait qu’elle sait qu’elle m’a fait mal, je me sens encore plus enfoncé dans mes pensées. Je suis troublé, pourquoi me ferait –elle intentionnellement du mal, juste parce que je suis amoureux de cette belle inconnue. Serait-elle jalouse parce que c’était bien la première fois que je lui parlais d’une femme, que je lui « présentais » une femme. Les circonstances l’ont peut –être émue, on ne présente pas à sa mère une femme plongée dans le coma.
Une chose est sure, je sortis de la chambre, tournant le dos à ma maman, qui n’arrêtait pas de regarder cette belle femme. Mes larmes perlaient déjà sur mes joues, ma vue brouillées par les larmes qui s’apprêtaient à déferler pour laisse couler a flot mes sentiments, mes émotions … Pourquoi tant de mystère autour d’une femme que j’aime profondément ?
Je longeais les couloirs blancs et pâle de l’hôpital, les larmes aux yeux , d’un pas déterminé. Déterminé ? Oui je suis sure que cette femme sera un jour ma femme… Et je ne laisserais pas la complexité de la situation actuelle me plonger dans le désespoir, dans le découragement. Qu’elle soit mutilée, brûlée je l’aimerais toujours et je prendrais soin d’elle jusqu’à ce qu’elle se porte mieux… Quand elle ira mieux je l’épouserais.
Oui, aujourd’hui j’organisais mon futur dans ma tête sans aucunes attaches. Mais d’où me vient cette force un peu illusoire ? je ne savais pas mais j’étais déterminé.
-Karl ! Karl ! la voix de Marc me tira de mes rêveries
- Oui qu’es-ce qu’il ya ? Demandais-je Marc ce n’était pas du tout le moment pour une plaisanterie de mauvais goût j’apprêtais déjà mon point pour qu’il atterrisse en plein milieu de sa face. Ma colère, mes larmes ne seraient compatibles en ce moment avec de l’humour.
- Ca va ? tu as l’air : triste, bouleversé, étrange.. Marc me demandait cela avec un ton inquiet tout en me dévisageant.
-Tu voulais me parler ?
-Oui , j’ai quelque chose pour toi .
Marc me tendait une enveloppe avec marqué la dessus 521.
J’essuyais mes larmes et je regardais l’enveloppe en posant milles et unes questions à mon esprit. Que pouvait-il y avoir à l’intérieur ?
Je sortis de ma bouche un « merci » à peine audible, puis je m’en allais …
Dans mon dos la voix de Marc retentit encore :
-Au fait, elle s’appelle Carla !
- Tu es sérieux ?
- Je t’assure mon pote !
Afin d’éviter tous problèmes dans cet hôpital, je préfère largement cacher cette enveloppe hors de mon bureau, la mettre en sécurité dans ma voiture par exemple pour la décortiquer minutieusement allongé sur mon sofa. Je décidais donc de me diriger directement et cela d’un pas ferme vers le parking a sous-sol afin de garder ma précieuse enveloppe. Le fait de recevoir l’enveloppe avait calmé un peu mes émotions mais je demeurais légèrement troublé et impatient à l’idée de savoir qui était cette femme. Elle était si belle, si douce, si étrange dans son mystère, peut – être c’est ce qui m’attirait vraiment vers elle …
Après avoir posé l’enveloppe sur le siège avant passager, je condamnais ma voiture m’en allant à mon bureau. Je me suis donc rappelé que ma mère était toujours dans la chambre 521. Ainsi je me retournais donc dans la chambre quoique assez contrarié envers elle.
-Maman t’es encore là ?
Je la surprenais au chevet de Carla, toujours en larmes enfin oui.. c’est comme cela qu’elle s’appelait Carla…
Elle ne e répondait pas, elle éclatait en sanglots… Cette fois, j’étais effrayée par sa réaction je la sentais vraiment atteinte émotionnellement. Je commençais vraiment à insister
-Maman parle moi.
- Karl, tu peux me raccompagner à la maison s’il te plaît j’ai besoin de repos, de calme, et avant tout de sortir içi avant que ma tension ne monte.m ‘avait-elle dit d’un ton sec et triste.
Je préférais cesser mon interrogatoire…
-Ok maman, prends la clé et va à la voiture je t’y rejoindrais après m’être changé .
Elle s’en allait d’un pas perturbé. Moi je penchais sur le visage angélique de Carla pour lui poser un baiser sur les lèvres..
Une infirmière faillit me surprendre, mais j’ai pu prétexter que j’avais l’impression de la voir bouger les lèvres et que cela m’impressionnait d’où cette proximité avec la patiente..
Enfin je me changeais rapidement, histoire de déposer ma mère au plus vite déjà qu’elle était mal en point. J’espère lui tirer quelques mots de la bouche compte tenu de sa réaction inquiétante.
Une fois dans la voiture elle était déjà assise à l’arrière, chose inhabituelle car elle s’assoit toujours devant à mes côtés.
-Tu ne restes pas devant ?
-Je préfères être à l’arrière je pourrais m’étendre
-Tu as raison, mets toi à l’aise , tu rentres avec moi ? ou je te dépose chez toi ?
-Je veux rentrer.
-Comme tu veux ma reine !
Dans la voiture le silence était lourd , maman affichait une mine renfrognée durant tout le trajet. Arrivé chez elle je descendis, lui ouvrit la portière et l’aidais à descendre. J’ai pris l’ascenseur avec elle. Devant la porte de son appartement, je la serrais tendrement dans mes bras comme d’habitude.
-C’est bizzare tu ne te sens pas bien, tu veux quand même rester seul tu veux que dormes avec toi ?
-Non mon trésor ca ira
-Je vais quand même prendre ta tension, attend deux minutes je vais chercher le tensiomètre dans ma boite à gants .
- Noooon noooon !!! ce n’est pas nécessaire rentre de reposer mon fils .
Je connaissais trop ma mère, quand elle dit non c’est non donc vaut mieux pas tenter d’insister, cela se soldera en un échec total. Je lui ai donc dit bonne nuit après quelques câlins comme à l’accoutumée.
Dans ma voiture, le long du trajet en rentrant chez moi je repensais encore à ma mère.De plus ces derniers temps je ne suis pas toujours dans mon assiette, si ma mère s’y met ce sera une dépression totale et grave. La musique de Aretha Franklin avait fini par m’apaiser à bord de ma voiture.
Une fois rentrée je pris un bain, je me suis affalé dans mon sofa tentant de joindre ma mère en vain pour avoir de ses nouvelles. Ensuite je redescendit prendre l’enveloppe gardée précieusement dans ma voiture. Et là RIEN, l’envellope avait disparu je croyais que je devenais FOU, oui FOU c’est le mot.
Pas mal, juste que je n'ai pas apprécié qu'il ait coulé des larmes pour une fille dont il penses être amoureux (oui je dis il pense car pour moi c'est plus du désir que de l'amour). Une chose est sure si sa mère connait cette fille ce sera difficile voir impossible qu'il soit avec elle.
RépondreSupprimerBonjour Placide, cela va au delà de l'amour, le personnage perd pratiquement sa raison et aussi il y a beaucoup de "mystères" comme ce rêve prémonitoire...
RépondreSupprimerMerci pour ton commentaire et merci de me lire